Un beau-livre pour rendre hommage aux musiciennes du Maroc

Publication: Mis à jour:
MUSICIENNES MAROC
Éditions Marsam
Imprimer

PUBLICATION - Un beau-livre consacré à la femme musicienne du Maroc sera disponible au courant du mois de mai dans les librairies. Véritable hommage à une catégorie très peu représentée dans le monde du livre, "Musiciennes du Maroc" propose de découvrir une palette intergénérationnelle d’interprètes et de compositrices venues de différentes régions du Royaume, choisies avec soin par l’auteure, Rita Stirn.

L’auteure a choisi une approche purement sociologique pour composer une série de portraits, en racontant le parcours de chaque artiste. La plupart d'entre elles a trouvé refuge dans la chanson.

Si les Marocaines ont toujours fait partie de la scène musicale, leur profession n’était pas toujours considérée comme noble.

Rita Stirn a choisi des parcours fondés "sur un engagement personnel, social ou politique". "J’ai rencontré la plupart de ces musiciennes dans des festivals et j’ai assisté à leurs concerts. Parfois aussi, ce sont mes étudiants qui m’ont fait découvrir des chanteuses marocaines", raconte au Huffpost Maroc l’auteure qui enseignait l’anglais des affaires à l’Université internationale de Rabat.

Ce projet, qui a pris trois ans pour prendre forme, ne se contente pas de citer les grands noms de la scène musicale féminine du Maroc. Il offre aussi aux lecteurs l'occasion de découvrir toutes ces musiciennes de talents oubliées par les médias nationaux comme la rappeuse Soultana, la chanteuse Jalila Megri, ou encore l’artiste franco-marocaine Sapho.

Rita Stirn a, par ailleurs, voulu inclure à son répertoire des femmes qui exercent des professions et se passionnent en même temps pour le monde de la chanson, comme la directrice de la Maison de la culture de Tétouan, Samira Kadiri, la journaliste Jihane Bougrine, ou encore la comédienne Hajar Chargui.

La musique pour s'affirmer

Dans la première page du livre, les paroles de la chanson de James Brown "This is a man’s world and it could be nothing without a woman or a girl" ("C’est un monde d’hommes, mais ce ne serait rien sans une femme ou une fille") donnent la note. Ce livre veut en effet mettre en avant le travail accompli par les femmes dans un domaine prédominé par la gent masculine, car si les Marocaines ont toujours fait partie de la scène musicale, leur profession n’était pas toujours considérée comme noble.

"Je tenais à parler de la toute première génération de chikhates qui ont construit leur carrière musicale sur fond de malheur. C’était des femmes marginalisées par la société, souvent rejetées par leurs parents, mais qui ont forcé l'admiration par leur liberté de ton", explique l’auteure.

Le livre démarre d’ailleurs en 1905, avec la chanteuse de malhoun Zohra El Fassia, d’origine juive, qui a composé des chansons célèbres comme "Hak a Mamma", qui perdurent encore dans le répertoire musical marocain.

D’autres noms plus récents comme Nabyla Maan, Oum, ou encore Hindi Zahra font également partie de la sélection. Une collaboration avec le musicologue Ahmed Aydoun a permis d’étoffer la liste en y ajoutant quelques chanteuses marocaines célèbres dans le monde arabe comme Asmaa Lamnwar et Houda Saad.

En chanson

Si "Musiciennes du Maroc" a déjà été présenté au Salon du livre de Genève et de Tanger, le lancement officiel ne se fera qu’à la rentrée. Une série de présentations du livre est déjà prévue pour faire découvrir aux lecteurs tous ces portraits. Chaque présentation sera accompagnée d’une expression artistique différente et d’une représentation musicale animée par une des interprètes citées dans le livre.

La première présentation est prévue pour septembre et se fera en compagnie de la chanteuse Oum avec une exposition artistique rendant hommage à son père au centre d’art l’Usine à Aïn Sebâa. Et pour les impatients, ce beau-livre publié aux éditions Marsam, accompagné d'un CD, sera en vente au courant du mois de mai au prix de 490 dirhams au Maroc et sera également distribué en France.

LIRE AUSSI: