"Le voyage de Khadija", inspiré d'une histoire vraie, en avant-première à Rabat

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LE VOYAGE DE KHADIJA
"Le voyage de Khadija" est inspiré d'une histoire vraie. | DR
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CINÉMA - Vendredi 12 mai, le cinéma Renaissance de Rabat accueille à 20 heures l'avant-première du film documentaire "Le voyage de Khadija", inspiré d'une histoire vraie et réalisé par le marocain Tarik El Idrissi.

Khadija est née à Amsterdam (Hollande) de parents marocains. Petite, elle part chaque été dans le Rif, au village d'origine de ses parents, Benichikar, proche de la ville de Melilla. Mais à l'âge de 14-15 ans, elle prend conscience du décalage culturel entre la vie en Hollande et les coutumes marocaines. Elle entre alors en conflit avec ses parents et ne part plus dans le Rif. 20 ans plus tard, après le décès de son père, elle décide finalement de se réconcilier avec son passé et ses origines. Elle retourne dans le village, et sur les traces de sa grand-mère, cette femme forte, son idole. "Au cours de nos conversations, il est devenu évident que j'avais une grand-mère qui était une femme très forte et que c'était une histoire intéressante qui devait être racontée", souligne Khadija.

"Ce film met en avant les différences culturelles et la condition de la femme au Maroc mais aussi dans les pays musulmans", explique au HuffPost Maroc le réalisateur, Tarik El Idrissi. "Je suis rifain et la question de la condition de la femme doit être abordée. C'est un thème qui me tient à coeur", rajoute le réalisateur.

Une histoire vraie

L'idée du film est née de la rencontre entre le scénariste maroco-hollandais Abdelkader Benali et le réalisateur Tarik El Idrissi. Dès le départ, ils voulaient aborder la condition de la femme, l'identité et l'immigration. "Quand nous avons rencontré Khadija Al Mourabit, ça a été une évidence", raconte Tarik El Idrissi.

"J'étais intéressée parce que j'étais socialement impliquée, une personne forte et en ce qui concerne mes antécédents, j'étais une personne idéale pour travailler avec eux. Abdelkader et Tarik ont cru que je pourrais être un exemple pour beaucoup de gens", ajoute Khadija Al Mourabit.

Le tournage du documentaire s'est déroulé il y a un an et demi. Il a duré 1 mois, partagé entre la Hollande et le rif marocain. "Toutes les scènes que nous avons tournées sont réelles et sincères. Ce sont vraiment des membres de ma famille et du village. Parfois, nous ne savions pas ce qui se passerait ou à quoi s'attendre. Il y a des scènes du documentaire qui sont arrivées par coïncidence. Nous voulions rester fidèles à la réalité autant que possible. Donc toute la joie, les larmes, les surprises et les conversations du film sont vraies", souligne l'actrice principale.

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Manque de financements pour la diffusion

La réalisation du film a été appuyée par le financement du ministère Hollandais, de l'association Rif des droits de l'Homme et les fonds de sa boîte de production, Farfira Films. "Ce n'est pas un film commercial. Nous cherchons donc des financements pour pouvoir faire la distribution", confie Tarik El Idrissi.

Après le festival national du film de Tanger où il a reçu le prix du meilleur montage en mars dernier, "Le voyage de Khadija" est seulement présenté pour la deuxième fois au public. "Nous avons reçu une proposition pour le festival des Droits de L'homme de Beyrouth et pour le festival International du Film de Femmes de Salé. Mais nous espérons que la projection à Rabat nous ouvre d'autres portes", ajoute le réalisateur. Car il l'assure, ce film est un outil important pour sensibiliser à la condition de la femme au Maroc et dans les pays musulmans et aborder les conflits culturels et religieux. "Le voyage de Khadija" sera aussi diffusé sur 2M.

"J'ai été très heureuse de voir le résultat final. Après avoir partagé mon histoire, je me sens bénie, fière. Et je pense que ce n'est que le début, qu'il y a beaucoup d'histoires d'hommes et de femmes marocains qui méritent d'être racontées pour ne pas être oubliées", conclut Khadija.

À Rabat, la présentation du film est ouverte à tous, gratuitement. À l'issue de la présentation, le réalisateur, Tarik El Idrissi et l'actrice principale, Khadija Al Mourabit venue tout droit d'Amsterdam, animeront un débat.

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