Réfugiés syriens coincés à la frontière: "La sécurité des Marocains passe avant tout"

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Réfugiés syriens coincés à la frontière: "La sécurité des Marocains passe avant tout" | Figuig Photographie/Facebook
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IMMIGRATION - Trois semaines après l'arrivée d'une cinquantaine de réfugiés syriens à la frontière entre le Maroc et l'Algérie, le royaume campe sur ses positions.

Les 55 Syriens actuellement coincés dans la zone tampon près de Figuig, dont une majorité de femmes et d'enfants, "ont été amenés à la frontière marocaine par les autorités algériennes", a indiqué le ministre délégué chargé des MRE et des affaires de la migration, Abdelkrim Benatiq, lors d'une rencontre organisée mercredi 10 mai à Rabat avec les représentants d'associations venant en aide aux migrants.

Selon lui, près de 15.000 réfugiés syriens se trouveraient actuellement sur le territoire algérien, prêts à traverser la frontière pour venir s'installer au Maroc. "Nous sommes dans l'obligation de protéger nos concitoyens car la sécurité des Marocains passe avant tout. On ne peut pas risquer de laisser passer n'importe qui", a-t-il ajouté.

Les autorités marocaines, qui travaillent en partenariat avec le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Rabat, ont pris contact avec les représentants onusiens en Algérie pour qu'ils recensent les réfugiés syriens dans ce pays.

"Nous souhaitons aider ces gens, mais en même temps il nous est impossible d'acheminer de l'aide humanitaire, la frontière avec l'Algérie étant fermée", a rappelé le ministre, qui a rencontré les ambassadeurs de 14 pays au Maroc pour leur montrer les photos prises par des satellites sur lesquelles on voit les réfugiés syriens acheminés par les autorités algériennes à la frontière.

"Si nous ne pouvons pas nous protéger nous-mêmes, les pays européens pourraient aussi en faire les frais", a conclu le ministre, rappelant que plus de 5.000 réfugiés syriens ont déjà été régularisés au Maroc pendant la première phase de l’opération exceptionnelle de régularisation des étrangers sans papiers, soit 23% de l'effectif global.

Ces déclarations interviennent alors que de nombreuses ONG comme la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et Human Rights Watch (HRW) appellent le Maroc et l'Algérie à "partager leurs responsabilités" dans cette crise.

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