Discours de Béji Caid Essebsi: Les réactions politiques à chaud

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BJI CAID ESSEBSI
Présidence de la République
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Quelques minutes après la fin du discours du président de la République, les réactions des politiciens se sont enchaînées pour commenter et analyser ses propos.

Intervenant sur Al Wataniya 1, le député Mustapha Ben Ahmed a estimé que le discours de Caïd Essebsi est un message de soutien envers le gouvernement Chahed. Il a indiqué que les indicateurs positifs annoncés dont notamment l'amélioration de la croissance économique et la reprise de la production du phosphate et du tourisme laissent penser que le président de la République ne compte pas changer le gouvernement. "Peut-être quelques modifications y seront apportées sans grande incidence" a-t-il dit.

Le député d'Al Horra, Sahbi Ben Fredj, a indiqué, lui aussi, dans un post publié sur sa page Facebook que le discours vient réaffirmer le soutien de Caïd Essebsi au gouvernement Chahed. "C'est naturel, puisque ça émane de son initiative personnelle" a-t-il dit.
Selon lui, le seul point nouveau évoqué dans le discours, c'est le fait d'avoir répliqué au Secrétaire général de Machrou Tounes lorsqu'il a attesté de la fin politique et morale du gouvernement d’union nationale.

De son côté, Hsouna Nasfi, porte-parole de Machrou Tounes, a qualifié, sur les ondes de Mosaïque Fm, d'ordinaire le discours du président. "Rien de nouveau" a-t-il dit en ajoutant qu'aucune décision ou mesure importante n'a été prise pour faire face à la crise actuelle. Nasfi a souligné, par ailleurs, l'ingérence de Caïd Essebsi dans certaines prérogatives relatives au Chef du gouvernement, telles que les réformes au sein du ministère de l'Intérieur.

Partageant le même avis, le dirigeant au sein du Front du salut et du progrès, Ridha Belhaj, a noté, à Mosaïque Fm, que le président de la République n'a pas apporté grand-chose. Il a, également, critiqué le ton sévère et dur lors du traitement du sujet des mouvements protestataires.

Interrogé sur sa première impression, le président d'Afek Tounes, Yassine Brahim, a noté, sur les ondes de la même radio que le discours de Caïd Essebsi contient de nombreux messages importants et positifs. Il a estimé que la décision relative au recours à l'armée pour la protection et le contrôle des sites énergétiques est nécessaire pour mettre fin à l'anarchie. "Je soutiens cette démarche" a-t-il martelé.

Contrairement à Yassine Brahim, l'ancien président de la République, Moncef Marzouki, a indiqué que l'implication de l'armée dans des différends syndicaux est une ligne rouge. Il a indiqué que le rôle de l'armée est de protéger les frontières et de combattre le terrorisme. "Ce n'est pas une carte en main pour ceux qui n'ont pas de cartes à jouer" a-t-il ajouté.

"On s'attendait à une annonce de solutions de développement dans les régions intérieures" a réagi le Secrétaire général du parti Al Joumhouri, Issam Chebbi sur Mosaïque Fm. Les Tunisiens s'attendaient à des réponses claires sur plusieurs affaires à savoir le développement et la lutte contre la corruption, a-t-il fait savoir. Chebbi a estimé que le fait de ne pas aborder ces questions épineuses dégage de "l'inquiétude" vue la situation difficile que traverse le pays.

Adnène Mansar, le Secrétaire général de Harak Tounes Al Irada, a signalé, dans un statut facebook, que le discours de Caïd Essebsi est un discours de crise. Il a noté que ce discours ne fait qu'aggraver la situation et ne permet pas de trouver des solutions concrètes aux problèmes actuels.

Quant à Samia Abbou du Courant démocratique, elle a violemment réagi au discours du chef de l’État. Intervenant sur les ondes de Shems FM, la députée a qualifié le discours de "honteux". "Avec ce discours, le chef de l’État a prouvé qu’il n’est pas le président du peuple tunisien mais celui de la mafia" a-t-elle dit.

Intervenant sur Mosaïque Fm, le dirigeant au sein du mouvement Ennahdha, Abdelatif Mekki, a annoncé que le discours du président est "raisonnable". Il a évoqué, par ailleurs, la nécessité du consensus en ce qui concerne la loi de réconciliation. "Le fait d'insister là-dessus et de faire de cette loi une loi fatidique révèle le dessous d'un agenda politique plutôt qu'économique", a-t-il lancé.

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