Le "cocktail poopootov" ou la nouvelle arme des manifestants anti-Maduro au Venezuela

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INTERNATIONAL - Les affrontements se poursuivent au Venezuela. L'opposition continue de faire pression sur le président socialiste Nicolas Maduro pour exiger son départ anticipé. Ils sont des milliers à réclamer quotidiennement des élections démocratiques, pour pousser le chef de l'État - en poste jusqu'en 2019 -vers la sortie.

Et malgré les violences entourant les manifestations, avec près d'une quarantaine de morts depuis début avril, les opposants continuent de défier les forces de l'ordre et leurs gaz lacrymogènes. Ils ont d'ailleurs mis au point une toute nouvelle technique: le "cocktails poopootov." Comme son nom l'indique, il s'agit de bouteilles en verre ou plastique contenant un mélange d'eau et d'excréments, qu'ils jettent sur les forces de l'ordre, relate 20 Minutes.

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Selon le quotidien espagnol El Pais, cité par le média français, ces nouvelles armes ont été utilisées pour la première fois samedi 6 mai, lors de manifestations dans la ville de Los Teques. "Une douzaine d'officiers de la Garde nationale a été la cible de cette attaque. Avant de quitter les lieux, plusieurs d'entre-eux auraient vomi de dégoût", relate le journal.

Les manifestants profitent d'ailleurs de ses projectiles pour y inscrire des messages politiques. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, les slogans "Liberté", "Pour le futur" ou encore "Pour nos filles" se retrouvent sur ces petits pots d'excréments.

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Le bilan de cette vague de manifestations, qui survient dans un contexte de chute des cours de pétrole dont le Venezuela est un gros producteur, est le plus lourd depuis les marches de 2014 (43 morts officiellement). Ruiné, ce pays souffre d'une grave pénurie d'aliments et de médicaments ainsi que d'une inflation galopante, attendue à 720% fin 2017 par le FMI.

L'opposition a pour principal objectif d'obtenir des élections anticipées. Nicolas Maduro s'y refuse. Sa dernière initiative a été de présenter un décret convoquant une assemblée constituante chargée de réviser la Constitution de 1999. Le président dit vouloir ainsi "réconcilier" le pays. Ses adversaires y voient plutôt une manoeuvre pour repousser les élections et s'accrocher coûte que coûte au pouvoir.

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