La Tunisie perd son indépendance en matière énergétique

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Après les accusations de corruption dans le secteur et les protestations qui se poursuivent par les jeunes de Tataouine et dans d’autres bassins miniers du pays pour imposer leur part du gâteau, Hela Cheikhrouhou, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables a présenté lundi lors d’un point de presse l’évolution du secteur des hydrocarbures en chiffres.

Le ministère a tenu à éclairer le grand public et à mettre en relief le fossé ou l’écart entre la réalité amère du secteur (baisse de la production, chute des recettes pétrolières, déficit énergétique) et les revendications démesurées des protestataires.

Selon les chiffres présentés par la ministre, le nombre de permis pétroliers est passé de 50 permis en 2012 à 26 permis en 2016, d’où une baisse de la prospection pétrolière, de la production énergétique et une chute des cours internationaux et par ricochet une baisse des recettes fiscales de l’Etat. Lesquelles sont passées de 3054 MD en 2012 à 856 MDT en 2016, soit une perte sèche de 2198 MD sur la Caisse de l’Etat.

Nette baisse de l’indépendance pétrolière

La moyenne de production du pétrole est passée de 81,4 mille barils en 2009 à 45,7 mille barils par jour en 2016 et à 44,3 mille barils par jour au terme du mois d’avril 2017. Une nette baisse le l’indépendance pétrolière ou encore de l’autosuffisance nationale en produits pétroliers est également observée avec un ratio de 59% enregistré en 2016 contre 93% en 2010 sachant que la part des importations est passée de 7% en 2010 à 41% en 2016.

Toujours selon les indicateurs présentés par le ministère, la région de Tataouine s’accapare la part du lion des primes d’exploitation octroyées avec un total de 16 primes suivie de la région du Golfe de Gabès, Sfax et Médenine. 38 sociétés pétrolières (hors ETAP) bénéficient de ces primes dont 11 sociétés opérant dans le Golfe de Gabès, Sfax et Médenine et 10 sociétés opérant dans le gouvernorat de Nabeul et le Golfe du Hammamet.

Par ailleurs, un rythme ascendant a été enregistré du côté du déficit énergétique, un déficit dû essentiellement à l’élargissement de l’écart entre l’offre et la demande. Un déficit passant de 0,6 millions tonnes en 2010 à 3,7 millions tonnes en 2016.
Des chiffres qui virent au rouge et qui sont loin très loin de la doctrine qui dit que la Tunisie flotte sur le pétrole. Cela dit, un sondage réalisé en 2011 par "The U.S. Geological Survey (USGS)" a estimé l’existence de ressources pétrolières et de gaz non découverts en Tunsie et en Libye, soit 3,97 milliards de barils de pétrole non découverts, 38,5 trillions de pieds cubes de Gaz naturel et 1,47 milliard de barils de liquides de gaz naturel non découverts dans deux provinces de l'Afrique du Nord à Syrte et le "Pelagian Bassin" dans le Nord Ouest de la Tunisie.

sfef

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