Affaire Ben Barka: Levée du secret sur 89 documents liés à l'affaire

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BEN BARKA
Moroccans hold portraits of former Moroccan opposition leader Mehdi BenBarka during a candle-lit gathering in Rabat late October 29, 2002. BenBarka, the charismatic exiled leftist leader, was seized in October1965 in front of the Lippe cafe in the Latin Quarter of Paris, but whathappened to him after remains the source of much conjecture.REUTERS/Joelle VassortJES/JDP | Joelle Vassort / Reuters
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DÉCLASSIFICATION - Un grand pas pour élucider le mystère qui a longtemps plané sur l’affaire Ben Barka. La Commission du secret de la défense nationale (CSDN) de France a donné un avis favorable (n°2017-08) pour la déclassification de 89 documents relatifs à l’affaire, datés de 1965 et 1966, lors de sa réunion du 20 avril dernier, comme annoncé ce 5 mai au Journal officiel de la République française. Émanant du service de documentation extérieure et de contre-espionnage (ancien CSDN), ces documents seront désormais publics.

Formation judiciaire ouverte "contre X"

Cette décision a été prise en conformité avec le code français de la défense et en réponse à la lettre de saisine du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, du 6 avril dernier, relative à la requête de déclassification émanant du vice-président chargé de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris le 27 mars 2017. Cette requête a été formulée dans le cadre d’une formation judiciaire ouverte "contre X pour homicide volontaire et complicité d’homicide volontaire dont la victime est Mehdi Ben Barka".

Détaillés dans le journal officiel français du 5 mai 2017, les 89 documents comprennent, en grande majorité des rapports, des procès verbaux et des notes des services secrets liés à l’enquête judiciaire. Celle-ci avait été entamée depuis l’enlèvement en 1965 de Ben Barka, le leader de l’UNFP (Union nationale des forces populaires), devant la brasserie Lipp à Paris.

Enquête toujours ouverte

À l’époque, les investigations, menées dans le cadre de l’enquête, avaient montré que l’enlèvement avait été organisé en collaboration avec des truands français et des agents des services secrets marocains, dont le ministre de l’Intérieur marocain de l’époque, le général Oufkir et par un certain "Larbi Chtouki", alias Miloud Tounzi.

L’affaire Ben Barka, dont le corps n’a jamais été retrouvé, n’a jamais abouti et reste ouverte à Paris. Pourtant, en 2014, la ministre française de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie, avait donné son accord pour que soit levé le secret sur 73 documents liés à l’affaire, documents qui n'ont toujours pas été rendus publics.

En attendant, la famille Ben Barka continue à revendiquer la vérité sur la disparition de Mehdi Ben Barka et à clamer son droit à faire le deuil.

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