Le taux de participation aux Législatives du 4 mai établi à 35,37%

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ELECTION ALGERIA
An election worker empties a ballot box at the end of voting for the parliamentary election at a polling station in Algiers, Algeria, May 4, 2017. REUTERS/Ramzi Boudina | Ramzi Boudina / Reuters
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Jamais une élection algérienne n'a suscité tant de désintérêt de la part des électeurs. Le taux de participation, jugé déjà faible, par les observateurs, a une nouvelle fois été réduit par le conseil constitutionnel. Le nouveaux taux annoncé par l'instance présidée par Mourad Medelci prouve que les bureaux de vote ont bel et bien étaient désertés jeudi dernier.

Selon les résultats proclamés ce 08 mais au soir par cette institution, le nombre de votants est de 8 225 223, alors que le taux de participation est établi à 35,37% au lieu des 37,09% annoncé par le ministère de l'Intérieur.

Il est évident, aujourd'hui, que l'assemblée populaire nationale (APN) issue du scrutin du 4 mai est la plus mal élue de l'histoire des élections multipartistes. Même celle issue des Législatives 2007 était créditée d'un taux de participation de 35,65%. Mais certainement, comme en 2007, le pouvoir s’accommodera de cette assemblée en dépit du désintérêt des deux tiers des électeurs ayant choisi de bouder les urnes le 4 mai dernier.

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Le nombre de bulletins nuls a, aussi, connu une révision à la baisse très sensible le ramenant à 1 757 043. Les suffrages exprimés seraient ainsi plus important que ceux annoncés par l’Intérieur s'établissant autour de 6 468 180.

Cette révision amputant de près de 400 000 voix " la première formation politique" de cette élection, confirme les analyses stipulant que le nombre de bulletins nuls qui exprime un vote de défiance actif à l'égard des politiques pratiques par le pouvoir, était plus politique que l'abstention elle-même qui ne pouvait être revendiquée par personne.

En ramenant le nombre de bulletins nuls à 1 757 043 au lieu des 2 109 917 annoncé initialement, il est clair que l'on a voulu réduire l'étendue de "cette défiance active", synonyme d'un échec incommensurable.

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Les résultats proclamés confirme, aussi, la régression du Front de libération nationale (FLN) qui reste toujours en tête en gardant le même nombre de sièges 164 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique (RND) avec 100 sièges comme l'avait annoncé le parti bien avant la conférence de presse du ministre de l’intérieur et l’Alliance islamique conserve les 33 sièges annoncé initialement.

Ce scrutin législatif a prouvé, une fois de plus, que le pouvoir algérien reste imperméable à la volonté de changement. Incapable de se renouveler, il reste tributaire de la même clientèle. Les mêmes clans se relayent indifférent aux attentes d’une population qui, elle, évolue d'année en année. La riposte des youtubeurs à l’appel partisan et gouvernemental à une participation massive en en sont la preuve.

Ils ont répondu talentueusement et avec beaucoup d'humour à une campagne électorale qui s'est concentrée non pas sur les programmes des partis mais sur les appels aux à la participation. Les jeunes youtubeurs ont exprimé le ras-le-bol croissant de la société algérienne et mis à nu l’incompétence de l’Etat et son incapacité à se mettre à l'heure du 2.0.

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