Le taux de participation à la présidentielle à midi en légère baisse par rapport au premier tour

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POLITIQUE - Ce n'est qu'une première indication mais elle pourrait donner le ton de toute la journée et faire de ce second tour de la présidentielle une journée historique. A midi, la participation s'élevait à 28,23% (en jaune sur le graphique) selon une communication du ministère de l'Intérieur.

Un chiffre en très légère baisse par rapport au 28,54% du premier tour dimanche 23 avril (en vert). Ce jour-là, la participation finale s'était élevée 77,89% (en rouge).

présidentielles 2017

Cette stagnation voire très légère baisse de la participation entre un premier et un second tour d'une élection présidentielle est inédite. Si cette tendance se confirme en fin de journée, elle pourrait faire de cette présidentielle de 2017 l'égal de celle de 1969. Jusqu'à présent, c'est la seule élection où l'on a assisté à une baisse du nombre de votants entre les deux tours.

La situation n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle que l'on vit actuellement. Arrivé en troisième position avec environ 20% des suffrages, le candidat communiste Jacques Duclos avait refusé de choisir entre les deux finalistes de droite: Georges Pompidou arrivé en tête au premier tour et futur président et Alain Poher. Entre "blanc bonnet et bonnet blanc", il avait appelé ses électeurs à l'abstention ou au vote blanc.

Près de cinquante ans plus tard, c'est Jean-Luc Mélenchon, quatrième homme du premier tour qui n'a pas donné de consigne de vote. Le candidat de la France insoumise s'est contenté de dire qu'il ne voterait pas pour Marine Le Pen. "Aucune voix pour le Front national", ont lancé plusieurs de ses lieutenant, tandis qu'une consultation de ses militants a montré qu'environ les deux-tiers envisagent de ne pas voter pour Emmanuel Macron.

Une forte abstention favoriserait Le Pen

Si la participation devait baisser drastiquement au second tour, il est probable que cela profiterait avant tout à Marine Le Pen. Accusant un retard de 20 points dans les sondages, la candidate du Front national a tout intérêt à ce que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de François Fillon fassent le choix de bouder les urnes plutôt que de se reporter sur son rival. Cette abstention politique suffirait-elle toutefois à Marine Le Pen pour rattraper Emmanuel Macron? "L'abstention n'est pas suffisante pour elle. Elle la met même en difficulté, dans la mesure où elle a un million de voix de retard sur Emmanuel Macron à l'issue du premier tour", souligne Bruno Jeanbart de l'institut OpinionWay auprès de l'AFP.

Le scénario idéal pour la cheffe de file de l'extrême droite française: capter une majorité des voix de la gauche antilibérale ainsi que celles de la droite conservatrice tout en décourageant une partie importante de voix irréductibles de ne pas voter dimanche. Avec le secret espoir d'une démobilisation surprise le jour du scrutin à la faveur du week-end férié.

Le vote blanc, un vote anti-Macron

Outre l'abstention, le candidat En Marche! n'est pas à l'abri d'un vote sanction qui s'exprimerait par le vote blanc. S'ils ne sont pas pris en compte parmi les suffrages exprimés, les votes blancs sont toutefois comptabilisés à part du vote nul et pourraient attirer nombre d'électeurs hostiles à la ligne libérale de l'ancien ministre et soucieux de lui signifier.

"Les votes blancs et nuls augmentent à chaque fois au second tour, car l'offre politique se réduit", souligne le doctorant à l'Université d'Evry-Val-d'Essonne Jérémie Moualek. "Il y en aura plus en 2017 qu'en 2002", prévient toutefois ce chercheur en sociologie politique. Ces votes représentaient déjà 2,5% des suffrages le 23 avril et pourraient grimper jusqu'à 10% selon des estimations.

S'il ne change pas l'issue du scrutin de dimanche, le cumul des abstentionnistes et du vote blanc donnera assurément le ton du quinquennat qui vient.

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