Plus fort que l'indéfinissable boycott actif, les bulletins nuls sont un "vote de défiance actif"

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ELECTIONS ALGERIA
Election workers count ballots at the end of voting for the parliamentary election in Algiers, Algeria, May 4, 2017. REUTERS/Ramzi Boudina | Ramzi Boudina / Reuters
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Avec un taux de participation établi à 37.09 % et un taux de bulletins nuls arrêtés à 24.46% des voix exprimées, le scrutin législatif du 4 mai 2017 est une déception générale pour ceux qui ont pris le pari de participer et ceux qui ont remué ciel et terre pour mobiliser l’électorat.

Si on a estimé que l’abstention était le grand vainqueur des Législatives, le plus grands partis de ce scrutin serait celui des bulletins nuls. Avec 2 109 917 "voix" des 8 624 199 électeurs, le vote blanc devient la plus forte expression du 4 mai.

Dans cette sinistrose politique, la capitale, Alger, détient la palme d'or. Presque un électeur sur deux a décidé de ne pas départager les formations en lice ramenant par l'occasion le nombre de bulletins nuls à 261 927 des 537 255 votants à Alger.

Les Algérois comme beaucoup d'habitants des grandes villes qui ont glissé ces bulletins nuls ont décidé de protester autrement que par l'abstention. Ils ont exercé leur droit de vote pour dire que l'offre politique ne leur convient pas. Un vote, qui tout compte fait, a plus de sens politique que l'abstention qui n'appartient politiquement à personne.

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L’abstention en ce scrutin s'approche de celle obtenue lors du scrutin législatif de mai 2007, explique un observateur de la scène politique algérienne. Pour lui, "l'abstention reste stable depuis une décennie. Le problème avec ce mode d'expression est qu'il n'appartient à personne et ne peut être revendiqué". Par contre ces bulletins nuls, ajoute-t-il "sont l'expression d'un rejet viscéral des politiques".

Le bulletin nul, précise-t-il encore, "est un vote politique qui a un sens politique. Les gens ont choisi d'aller dans les bureaux de vote d'expriment leur point de vue. Ils ont marqué leur rejet des politiques pratiqué par le gouvernement". Le nombre de ces mécontents a presque doublé entre les Législatives de 2012 et celle de 2017.

Selon la même source, "il est clair que l'offre politique du régime ne tient plus la route. Le vrai sens du rejet de la politique et du système on le trouve justement dans ces bulletins nuls". Il ajoutera qu'un "régime dans une situation d'exception, n'est nullement gêné par une assemblée populaire mal élue. L'abstention n'est plus un problème pour lui".

"Avec ces 2 109 917 de bulletins nuls, on a une cristallisation d'un expression politique plus forte de l'indéfinissable boycott actif. Ces 2 109 917 de voix sont l'expression d'un vote de défiance actif".

Des électeurs, qui après tout, reflètent une défaite totale. Celle des partis qui ont décidé de participer sans parvenir à convaincre et celle d'un gouvernement ,qui a fait de la mobilisation son cheval de bataille, mais qui s'est heurté à une démobilisation générale synonyme de son échec et un vote de défiance, preuve que ses offres siamoises ne trompent plus personne.

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