Le FN a passé le dernier jour de campagne à relayer des fake news

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MARINE LE PEN
Pascal Rossignol / Reuters
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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE - Rude fin de campagne pour Marine Le Pen. Après un débat d'entre-deux-tours jugé raté, y compris dans son propre camp, la candidate du Front national a vécu une dernière journée difficile avant la clôture de la campagne officielle, avec une visite surprise à la cathédrale de Reims sévèrement perturbée par des manifestants hostiles. Le même jour, on apprenait que la cheffe de file de l'extrême droite française avait qualifié de "merde" François Fillon auprès de la presse italienne pour ne pas l'avoir soutenue.

Une formule du plus mauvais effet, d'autant que Marine Le Pen espère rallier une part conséquente des électeurs de l'ancien premier ministre LR. Pour parer au plus pressé, son équipe de campagne a joué du bluff en affirmant que le journaliste italien avait mal compris et démenti l'interprétation du mot de Cambronne.

Problème: le journaliste en question n'a rien démenti du tout. "Je ne peux que confirmer ce que j'ai écrit. Elle a dit +Ce sont des merdes+. J'ai fait mon travail", a au contraire certifié à l'AFP le journaliste italien Aldo Cazzullo à propos de cette "conversation", qu'il a retranscrite sous forme d'interview.

Ce qui n'a pas empêché David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen, d'annoncer à l'AFP que le FN entendait déposer "une plainte en diffamation" pour ces propos "totalement inventés". Le Front national affirme que sa candidate a dit que François Fillon avait appelé à voter Macron "parce qu'il est dans la merde".

Le coup de l'oreillette imaginaire

Le Front national ne s'est pas arrêté là. Alors que Marine Le Pen avait relayé en plein débat d'entre-deux-tours une fausse information au sujet d'un pseudo compte aux Bahamas d'Emmanuel Macron, une fake news dont Le HuffPost vous a décrypté l'itinéraire ici, ses soutiens ont relayé ce vendredi une rumeur selon laquelle le candidat d'En Marche aurait été équipé pendant le dit débat d'une oreillette. Une affirmation s'appuyant sur des zooms flous d'images capturées pendant le débat d'entre-deux-tours.

Côté FN, c'est le député Gilbert Collard qui s'est chargé de relayer la rumeur, retweetant au passage le compte complotiste de David van Hemelryck, activiste qui s'est fait remarquer par le passé par ses actions "Hollande démission" et reconverti dans le "Tout sauf Macron".

Problème: là encore, pas d'oreillette ni l'once d'une preuve. Le fameux appareil qui aurait servi à souffler des réponses ne serait que... des reflets de lumière sur le lobe du candidat d'En Marche!.

Le faux SMS attribué à En Marche

Les fausses nouvelles ne s'arrêtent pas là. Dénonçant la manifestation hostile de soutiens d'Emmanuel Macron à Reims, plusieurs responsables de l'équipe de campagne de Marine Le Pen ont partagé la capture d'un SMS attribué au mouvement En Marche appelant à "détruire" et "tuer" l'image de la candidate FN.

Là encore, plusieurs internautes ainsi que le compte "Vérifié" de Buzzfeed ont relevé qu'il s'agissait d'un photomontage, le format de l'heure ne correspondant pas à celui de l'IOS d'Apple.

Pas de quoi décourager David Rachline qui, pour preuve de la véracité du SMS, a tweeté des photos de manifestants d'En Marche devant la cathédrale de Reims. Un peu court.

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