Droits de l'Homme: Mustapha Ramid face aux dures recommandations de Genève

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RAMID
Newly appointed Moroccan Minister for Justice and member of the Islamist Justice and Development Party (PJD) Mustapha Ramid (L) and outgoing Minister Mohamed Taieb Naciri arrive at a handover ceremony in Rabat January 4, 2012. Abdelilah Benkirane, leader of the PJD, will head up Morocco's first Islamist-led coalition government after his party won 27 percent of parliamentary seats in the November 25, 2011 vote. Picture taken January 4, 2012. REUTERS/Stringer (MOROCCO - Tags: POLITICS) | Stringer . / Reuters
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DROITS DE L'HOMME - Les applaudissements de Genève à l’engagement du Maroc en faveur de la protection des droits de l’Homme n’auront pas duré longtemps. Ce vendredi, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies devrait adopter un rapport pointant le retard pris par le Maroc pour instaurer les mécanismes nécessaires à la protection des droits de l’Homme, surtout ceux destinés aux femmes.

Plusieurs États membres du Conseil ont reproché au Maroc d’avoir manqué à ses promesses formulées en 2008, puis en 2012. La délégation marocaine avait déclaré au Conseil des droits de l’Homme son intention de promulguer une loi sur les violences faites aux femmes. Neuf ans plus tard, aucune législation n’a vu le jour. En fait, le projet de loi élaboré dans ce sens bloque toujours au niveau du Parlement. D'autant que ses dispositions ne font pas l’unanimité dans les rangs des ONG oeuvrant dans ce domaine. Des membres du Conseil ne semblent pas non plus satisfaits de ce texte qu’ils qualifient "d’insuffisant et peu conforme aux normes internationales".

Ainsi, des pays comme l’Argentine, le Canada, l’Allemagne ou encore la Jordanie ont appelé la délégation marocaine à adopter une loi complète sur les violences sexuelles et domestiques contre les femmes.

Des recommandations qui fâchent

Conduisant la délégation marocaine, le ministre d’État chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, s’est retrouvé dans une situation fort embarrassante dans la mesure où les recommandations du Conseil couvrent des dossiers auxquels il n’adhère pas. C’est le cas, entre autres, de l’interdiction de la polygamie. Une mission qui semble, de prime abord, impossible pour un responsable lui-même polygame.

D’autres recommandations du Conseil donnent du fil à retordre à Mustapha Ramid, comme la reconnaissance des enfants nés hors mariage, la dépénalisation des relations sexuelles consensuelles hors mariage et la levée des inégalités en matière d’héritage. La persistance du mariage des mineurs inquiète aussi le Conseil. Sur ce registre, l’ambivalence du Maroc n’est plus à démontrer. La loi interdit le mariage entre personnes de moins de 18 ans, mais l'autorise par ailleurs via des dérogations accordées par les juges.

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