Les tendances d'usage et de consommation IT en Afrique et en Algérie

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La tendance est à la mobilité et particulièrement au smartphone en Afrique, et l’Algérie ne déroge pas à la règle, note le dernier rapport "TMT Predictions 2017" du cabinet Deloitte, consacré aux "évolutions d’usage" en Afrique dans le secteur des TIC. Les préoccupations en matière de sécurité routière, de cybersécurité, et l’usage d’outils de "navigation intérieure" et de "machine learning" font également partie de ces tendances.

"Les 8 grandes tendances TMT qui marqueront l’Afrique en 2017" (avec un focus Algérie), ont été présentées, mercredi 26 avril à Alger, par le cabinet Deloitte Algérie. Deux de ces tendances concerne la sécurité informatique : "La sécurité biométrique" et "Les attaques par DDos". En matière d’usages, l’étude prévoit près de trois fois moins d’intentions d’achats de tablettes que de smartphones dans les 12 prochains mois en Algérie, et une "forte croissance du marché des services de navigation intérieure en Afrique est prévue d’ici 2020".

Le "nombre d’appareils dotés d’un lecteur d’empreintes digitales" est de "50 millions en Afrique " et environ "un milliard dans le monde", dont "90 % sont des smartphones et des tablettes", selon le rapport TMT 2017 de Deloitte.

Cependant, en Afrique les choses sont appelées à évoluer, puisque, précise l’étude, " l’émergence des smartphones low-cost incluant la sécurité biométrique est un important catalyseur pour la généralisation de la technologie biométrique dans les années à venir". La généralisation de ce facteur de sécurité est un important enjeu vu que "d’ici à 2020, un utilisateur aura en moyenne 200 comptes sur des applications et sites".

Parmi les offres de smartphones "low-cost" dotées de la technologie biométrique, le rapport cite le "Blade V7 lite" de ZTE, "Redmi Note 3 Pro" de Xiaomi, le "Ufeel" de Wiko et "EVERSOLO" de la marque tunisienne Evertek. En Algérie, « plus de 43% des répondants possèdent déjà un smartphone avec lecteur d'empreintes digitales ». La tendance devrait se renforcer puisque "plus de 45% des répondants algériens" affirment leur intention "d’acheter un smartphone en 2017".

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Le « déclin » de la tablette ?

Selon Deloitte, « les ventes de tablettes seront inférieures à 160 millions d’unités dans le monde » en 2017, contre « 178 millions d’unités vendues en 2016 », ce qui correspond à « une baisse d’environ 10% ». L’étude estime que cette baisse des ventes des tablettes « donne à penser que le pic de la demande a été atteint » et que « trois appareils grand public » ont une « bonne longueur d’avance » sur la tablette en terme de popularité : « les ordinateurs, les smartphones et les téléviseurs ».

« En Afrique, le smartphone reste le terminal privilégié de par son accessibilité. En Algérie, 17 % des répondants prévoient d'acheter une tablette dans les 12 prochains mois contre 45 % des répondants pour l'achat d'un smartphone », ajoute l’étude. Cette dominance du

smartphone en Afrique, aux dépends des tablettes, Deloitte l’attribue à « l’émergence de phablettes "low-cost" » (smartphones avec des écrans plus grands).

« On note toutefois le maintien de la croissance des ventes de tablettes et PC détachables destinés à l’alphabétisation numérique et l’émergence de constructeurs africains de tablettes dédiées à des usages spécifiques à l’instar du congolais VMK, de la tablette éducative Ivoirienne Qelasy, ou de la tablette Sénégalaise Weeby dédiée aux petits commerçants », ajoute le rapport « TMT Predictions 2017 ».

Des données provenant d’autres sources, comme StatCounter, confirment cette tendance de la hausse de l’usage des smartphone comme outil de connexion à Internet devant les ordinateurs et les tablettes, que ce soit en Afrique ou en Algérie. Les chiffres de StatCounter montrent qu’en Algérie l’usage des smartphones est passé de 14,37% en 2014 (4,1% pour les tablettes) à 33,9% en 2016 (3,54% pour les tablettes).

« Le machine learning devient mobile »

Cette mobilité a permis à davantage d’usage d’outils intelligents. « En Afrique, plusieurs types d’applications mobiles intelligentes basées sur le « machine learning » se développent dans les domaines de la santé et de la sécurité. D'ailleurs, en Algérie, 16 % des répondants ont affirmé déjà utiliser un assistant personnel intelligent sur leur tablette ou smartphone. En Ouganda par exemple, un groupe de développeurs d’intelligence artificielle utilise le « machine learning » et le mobile pour développer des solutions de bio-surveillance, de suivi de maladies agricoles et de diagnostic médical », note le rapport de Deloitte.

L’autre tendance citée dans le rapport, l’usage « de manière croissante » des « fonctions de navigation numérique » à « l’intérieur des bâtiments », avec des « indications très fines ». Le marché de la « navigation intérieure », qui permet aux smartphones « d’orienter les utilisateurs dans un centre commercial ou un aéroport par exemple », devrait connaître une « forte croissance » en Afrique « d’ici 2020 », ajoute Deloitte qui prévoit « un taux de croissance annuel de plus 60% ». La navigation intérieure « constitue le segment avec la plus forte croissance du marché des « Location Based Services » en Afrique ».

Enfin, le rapport prévoit le déploiement, mais pas avant 2020, de « réseaux 4G améliorés, appelés LTE-Advanced (LTE-A) et LTE-A Pro, qui offriront des vitesses de téléchargement plus rapides et donneront un avant-goût du potentiel du réseau 5G ». Il est rappelé que la « 4G-LTE a été déjà déployée dans plus de 24 pays d’Afrique par divers opérateurs nationaux » et que « seule l’Afrique du Sud a entamé pour l’instant le déploiement de réseaux LTE-A.