Une "virée" à Alger-Centre un jour de vote

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Un jour de vote est-il un jour comme un autre ? Tout dépend de ce que l’on veut faire de cette journée spéciale. Un jour de devoir citoyen ou un jour de congé? Rien de mieux qu’une virée à Alger-Centre pour se faire une idée.

De prime abord, la journée se présente comme toutes les autres. On assiste aux scènes de vie habituelle, certains sont munis de leurs couffins pour faire leurs courses, d’autres sirotent leurs cafés, sur les terrasses qui longent la rue Didouche.

Côté des centres de vote, il n y a pas grande foule. Dans l’école Halima Saidia, à la rue Khelifa Boukhalfa, le premier bureau est quasi vide.

Le superviseur, étonné, affirme que de 8h à 11h, seuls huit votants se sont présentés. "j’ai jamais vu un tel désintérêt, je supervise les votes depuis des années et je peux vous dire que l’affluence est très faible".

Il est facile de le constater, puisque les piles de fiches et d’enveloppes posées sur les tables sont intactes.

Cependant et d’après les policiers mobilisés à l’entrée de cette école, le 3ème âge l’emporte.

Ils expliquent que les jeunes sont totalement absents des urnes. Seuls les plus vieux étaient au rendez-vous ce matin.

Du côté de sacré-cœur, les employés d’une entreprise privée ne semblent pas concernés par ce jour "Chômé, payé". En ce dernier jour de la semaine, ils sont venus travailler comme à leurs habitudes.

Certains d’entre eux ont voté, d’autres non et chacun y va de son argumentaire. Leur responsable, habitant Alger-centre, s’est dite concernée par ces élections. Elle a suivi dès le début de la campagne électorale le candidat de la commune, l’ancien ministre Feroukhi mais elle ne votera pas. Tout simplement car le programme du candidat ne répond pas à ses attentes.

Les employés, quant à eux, comptent les démissionnaires et les impliqués. Ces derniers sont en minorités au sein de cette entreprise majoritairement jeune.

Une des employés se décrit comme étant "apolitique". Elle justifie cette position par le manque de sensibilisation politique dans son entourage propre. "Je ne vote pas par tradition familiale" souligne-t-elle sur un ton amusé.

Un autre lance son verdict sans appel "tu as déjà vu un kabyle voter ?! Donc Oulech El vote".

Dans la catégorie des "impliqués" deux seulement ont voté. Pourquoi ? La benjamine de cette entreprise dit qu’elle refuse d’abandonner sa citoyenneté mais elle a voté blanc.

Il y a les votants, les non-votants, et les déçus du vote.

Ces derniers étaient nombreux cette mâtinée à proximité des bureaux de vote d’Alger-centre. Un habitant de la rue Ferhat Boussad (ex Messonier) ne décolère pas. Il se plaint aux policiers à l’entrée car il n’a pas trouvé son nom.

Plus loin une jeune-fille a également été refoulée car son adresse ne correspondait pas. Déçue, elle décide d’aller faire du shooping.

En somme, ce 4 mai est certes un jour de vote mais c’est aussi un jour de marché, un jour de travail ou encore de divertissement. Un jour normal finalement.

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