Législatives 2017 - Les arguments de jeunes électeurs: Ceux qui ont voté "parce qu'ils peuvent le faire"

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ALGERIA
An Algerian man casts his vote at a polling station in the town of Blida, 45 kilometres (30 miles) southwest of Algiers, on May 4, 2017 during parliamentary elections.Algerians voted for a new parliament amid soaring unemployment and a deep financial crisis caused by a collapse in oil revenues. / AFP PHOTO / stringer (Photo credit should read STRINGER/AFP/Getty Images) | STRINGER via Getty Images
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Plus de 23 millions Algériens inscrits sur les listes électorales sont appelés ce jeudi 4 mai à renouveler la composante de l’Assemblée Nationale Populaire. Malgré une campagne fade la tendance abstentionniste était plus audible que les appels au vote, certains choisissent quand-même d’aller voter.

De jeunes électeurs ont tenu à "faire entendre leurs voix" comme le voulait la campagne officielle incitant à participer au scrutin. Même si toutes les personnes interrogées affirment ne pas avoir suivi la campagne électorale ni consulté les programmes des partis, leurs raisons varient, entre le choix d’exercer un droit constitutionnel, la volonté d’éviter "les problèmes", ou simplement parce qu’ils le peuvent.

Hatem, 25 ans, a glissé son bulletin vers 9 heures dans un centre de vote à Ain Tagourait (exBirard), wilaya de Tipaza. Pour ce responsable dans une boite de Communication, ne pas voter, c’est exposer sa voix à la fraude.

"Je préfère savoir que j’ai donné ma voix à tel ou tel, que de les laisser en faire ce qu’ils veulent", a-t-il argué. "Je vis dans un petit village et j’ai entendu des choses. Il y a des gens qui manipulent les voix de ceux qui ne votent pas", a-t-il ajouté.

« Mansotich ? Pas pour moi »

Les "menaces" de certains responsables de priver les citoyens de certains de leurs droits s’ils ne votent pas semblent par ailleurs marcher. Hatem a affirmé qu’il a aussi exprimé sa voix "pour éviter les problèmes" éventuels.

"Peut-être aussi qu’on va donner la carte militaire (exemption du service national) à ceux qui ont voté cette fois. On ne sait jamais", a-t-il affirmé.

Manel, elle, a voté dans son quartier à Gué de Constantine, à Alger. Elle a affirmé être consciente que cette élection «ne va rien changer » mais elle a choisi d’y participer quand-même.

"Je plains les peuples qui n’ont pas le droit de choisir leurs représentants», a-t-elle affirmé. « Je ne vote pas pour changer le monde, je vote parce que je peux le faire", a expliqué cette informaticienne de 27 ans.

L’appel à l’abstention, toujours présent et incarné cette fois par le succès fou qu’a connu la vidéo "mansotich" du youtubeur DZjoker, n’a pas convaincu ces électeurs.

"Je ne comprends pas pourquoi les gens sont aussi fascinés par l’abstention, c’est passif comme choix ", a estimé Manel.
Hatem, lui, n’a même pas vu la vidéo en question. « Ça ne m’intéresse pas », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « Je vote pour mes raisons et je voudrais que mon choix soit respecté, tout comme je respecte le choix de ceux qui boycottent ou s'abstiennent».

Pour Manel, dire que "l’Etat ne m’a rien donné, pourquoi j’irais voter ?", un argument très répandu parmi les abstentionnistes, n’a aucun sens. "On ne rend pas service à l’Etat en votant ", a-t-elle martelé.

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