Le ministre de la Santé pointe la faiblesse du budget accordé à son département

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HPITAL MAROCAIN
Reuters
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SANTÉ - Carence en ressources humaines, déficit en moyens financiers, manque de matériel dans certains hôpitaux... Le ministre de la Santé, El Houssaine Louardi, a fait le tour des maux du secteur de la santé lors d'une conférence de presse tenue aujourd'hui à Rabat. Verbatim.

Des besoins en hausse, mais un budget qui ne bouge pas

C’est l’un des points sur lesquels le ministre de la Santé a beaucoup insisté. La faiblesse du budget de la Santé semble être à l’origine de tous les maux du secteur. "Le budget consacré au secteur de la santé n'a pas évolué depuis plusieurs années. Alors que l'OMS recommande aux États d’allouer au moins 12% de leur budget au secteur de la santé, le Maroc n'en consacre que 5,6%.
Cette année, le projet de loi de Finances 2017 a prévu une enveloppe de 14,3 milliards de DH, soit à peine une hausse de 0,1% par rapport à notre budget de 2016. De plus, moins de la moitié de ce budget est consacré aux investissements alors que les dépenses de fonctionnement en absorbent 54%."

Service médical obligatoire

Le nouveau gouvernement veut remettre sur la table le dossier houleux du service médical obligatoire. "Je ne veux pas l’imposer, mais il n’y a pas d’alternatives. C’est la seule solution qui a permis à de nombreux de pays de faire face aux besoins en ressources humaines", tranche El Houssaine Louardi.

Pour défendre son projet, le ministre affirme que les ressources qui seront affectées aux zones reculées percevront les mêmes indemnités que les médecins, en plus de primes de rendement.

Louardi avait proposé au cours de son premier mandat à la tête du département de la Santé de fixer la durée du service obligatoire à deux ans. Aujourd’hui, il se dit prêt à raccourcir cette période à un an, voire à six mois.

Baisse des postes budgétaires

Alors que le Maroc figure parmi les 54 pays souffrant d’un déficit en ressources humaines, le gouvernement a revu à la baisse le nombre de postes budgétaires consacrés au secteur. "Le PLF 2017 n’a prévu que 1.500 postes pour la santé alors que nous ne sommes jamais descendus sous la barre des 2.000 postes", avertit le ministre.

Infrastructures

Le ministre a défendu l’état du parc hospitalier, estimant que des efforts ont été accomplis. Il a une nouvelle fois démenti que le scanner de l’hôpital d’Errachidia, où a été admise la petite Idya Fakhreddine, était en panne. Selon lui, Idya a bénéficié de deux consultations avant d’être transférée à l’hôpital Omar Idrissi de Fès.

Il n'en reste pas moins que les besoins dépassent toujours la capacité de l’infrastructure hospitalière. Louardi promet en tout cas d’équiper chaque hôpital provincial d’un scanner et chaque hôpital régional d’IRM. "On aurait pu le faire avant si l'État nous consacrait 12% de son budget global", lance le ministre. En dépit de la "faiblesse des recettes", la tutelle prévoit la création de 14 nouveaux hôpitaux. De même, 3 nouveaux programmes seront lancés dès cette année. Ils concernent respectivement la surdité, les maladies cardiovasculaires et les maladies du foie.

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