Les fresques du 3e festival Jidar, racontées par les artistes (PHOTOS)

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ROCHAJIDAR2017
Chadi Ilias/jidar
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STREET ART - Le festival Jidar vient de se terminer, avec comme chaque année, son lot de fresques murales. Pour ce faire, des street-artistes du monde entier sont venus redonner des couleurs Rabat. Pour cette troisième édition, ils étaient 22 artistes de 10 pays différents, dont l'Ukraine, la Colombie, le Mexique, l'Italie, l'Espagne, mais aussi le Maroc, représenté par Mohamed Lghacham.

Voici quelques fresques commentées par les artistes les ayant réalisées:

Waone, Ukraine

jidar

"J'ai fait quelques recherches avant de venir au Maroc. Après quelques heures, j'ai trouvé une photo d'un touareg et sa longue tunique indigo, assis dans une pose typiquement orientale. Pour moi c'était LE personnage que je devais peindre, c'était le plus visuel. J'ai choisi de ne pas peindre de visage à ce personnage car les nomades se couvrent le visage dans le désert, alors pourquoi le montrer en peinture? La fumée bleue qui s'échappe de la théière m'a servi à illustrer la chaleur du thé à la menthe. Quant au derviche qui danse au second plan, il s'agit d'un nomade soufi, ceux qui ont apporté l'Islam en ces terres."

Mohamed Lghacham, Maroc

jidar

"Mes peintures sont principalement extraites de photographies privées, qui représentent la vie quotidienne et les scènes familiales habituelles, le tout sans aucune intention artistique. Au début, le format du mur me dirigeait plus vers un portrait, mais après plusieurs essais, je me suis dit que d'y peindre un corps entier pouvait rendre l'oeuvre attractive. Ce mur ne porte pas vraiment de discours, je me suis plutôt intéressé à l'impact visuel que cela allait provoquer."

David Rocha, Mexique

street art

"C'est le premier festival de cette ampleur auquel je participe, et donc le premier gros mur que je peins. Cette fresque mêle la culture Maya à des accents futuristes. Mais ce que j'ai apprécié par dessus tout, c'est la localisation de ce mur, puisqu'il est visible depuis la route, cela fait un peu vitrine pour ceux qui ne sont que de passage. Deuxième point que j'ai apprécié, contrairement aux autres fresques, c'est que j'ai été placé dans un quartier bien loin des circuits touristiques de Rabat. Cela m'a permis de me lier d'amitié avec le voisinage de ce quartier paisible. Les voisins venaient discuter avec moi, même si on ne parle pas la même langue, j'ai vraiment senti de la bienveillance de leur part."

Daniele Nitti, Italie

daniele nitti

"Dans ma nouvelle vision de la production artistique, je distingue les créatures en trois sphères distinctes. La première est le Tartare, la seconde est la terre, et la dernière est la sphère céleste. Le crocodile réside dans le Tartare, représenté par l'îlot, et est une figure instable et dangereuse. Pour preuve de l'instabilité du crocodile, les yeux de la pomme dorée contrôlent l'espace alentour."

Liqen, Espagne

liqen

"Ma fresque est une vision sur l'avenir de l'humanité. Je pense que nous dépendons de plus en plus de la technologie, et que nous entrons dans une nouvelle ère, où la machine et l'humain ne font plus qu'un. J'ai l'impression que le Maroc est en train de changer à la même vitesse que le reste du monde. Et j'avais envie de donner aux Marocains une fresque qui est adaptée à l'ère du temps, comme ce que l'on peut voir en levant les yeux à New York ou à Londres. Quand je réalisais la fresque, j'ai eu l'occasion d'échanger avec le voisinage, et beaucoup se sont dit lassés de voir des fresques avec des tajines, des tapis volants, des théières..."

En levant les yeux à Rabat, vous tomberez peut-être par hasard sur l'un de ces chefs d'œuvre des temps modernes.
Retour en images sur les autres fresques réalisées dans le cadre de cette 3e édition du festival Jidar:

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Les fresques de Jidar 2017
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