190 saisines enregistrées durant la campagne électorale par la HIISE

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La Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) a été destinataire de 190 saisines durant la campagne électorale pour les législatives du 4 mai, relatives à la violation des textes de loi régissant le processus électoral, a indiqué lundi le président de cette instance, Abdelwahab Derbal.

Invité du forum de la chaine I de la Radio algérienne au lendemain de la clôture de la campagne électorale, M. Derbal a indiqué que depuis sa création, la HIISE avait été destinataire de "287 saisines, dont 190 durant la campagne électorale" et adressé "435 notifications".

S'agissant des saisines inhérentes au déroulement de la campagne électorale qui a duré trois semaines, "135 notifications seulement ont été acceptées, le reste des notifications a été rejeté et leurs auteurs informés des motifs du rejet", a affirmé M. Derbal, rappelant que la saisine était régie par la loi qui exige qu'elle soit écrite, présentée par une partie connue et étayée de données se rapportant à l'objet de la saisine.

Pour ce qui est des dépassements examinés par la HIISE, M. Derbal a indiqué qu'ils se limitaient à 14 cas définis par la loi.

402 cas étaient relatifs à l'affichage anarchique, 3 autres à l'utilisation de lieux publics non autorisés et 53 à la dissimulation de photos des candidats et six autres à l'utilisation du discours politique dans des lieux de culte, a-t-il cité à titre d'exemple.

"Cependant, ce nombre demeure insignifiant comparé au nombre important de partis politiques et des listes indépendantes en lice pour cette échéance", a ajouté M. Derbal, notant que "la plupart de ces dépassements ne sont pas graves".

M. Derbal a déploré, en outre, la passivité de certains procureurs généraux destinataires de saisines par les magistrats de la HIISE, alors qu'ils sont tenus de réagir immédiatement conformément aux orientations du ministre de la Justice. Le président de la HIISE a dressé un bilan positif de la campagne électorale.

Le président de la HIISE a dit regretter certaines lacunes relevées lors de la campagne électorale dont l'inexploitation adéquate par les candidats des espaces consacrées par les autorités publiques pour l'animation de leurs meetings, avec l'occupation de 3% à 40% seulement de ces espaces", ce qui constitue, selon lui, un gaspillage des deniers publics.

"Les partis politiques devaient procéder à une évaluation exacte de leurs capacités à animer des meetings et des rassemblements populaires, lors du dépôt des demandes d'exploitation", a-t-il estimé.

Même constat a été fait par M. Derbal en ce qui concerne la couverture médiatique par la radio et de la télévision nationales qui "n'a pas atteint les 50% pour la première et 79% pour la deuxième".

Il a en outre relevé plusieurs vides juridiques dont la similitude des formulaires des signatures des candidats des partis politiques et des listes d'Indépendants "pouvant être utilisées pour l'achat de signatures", outre "la constatation d'une hausse du nombre des formulaires, retirées plus d'une centaine de fois, par rapport au nombre de candidats".

A cet effet, la HIISE a décidé de soumettre une proposition, formulée par un parti politique, consistant à adopter deux couleurs différentes pour chacune des deux catégories afin de les distinguer, a-t-il annoncé.

S'agissant des interventions des candidats sur les réseaux sociaux notamment "Facebook" durant et après la campagne électorale, M. Derbal a affirmé que les interventions sur ces réseaux "ne peuvent être contrôlées, car il s'agit de discussions publiques similaires à celles échangées au niveau des cafés et des places publiques".

"Nous sommes face à deux options: soit nous devons restreindre ces espaces comme dans les dictatures ou bien les tolérer. Puisque nous avons opter pour davantage de liberté, nous ne pouvons alors contrôler ces espaces d'expression".

A une question sur l'appel au boycott lancé par certaines parties, le président de la HIISE a dit qu'il était nécessaire de faire la distinction entre l'appel au boycott qui est considéré comme une position politique "à respecter" et l'abstention qui est, selon lui, "une problématique sociale multidimensionnelle. Les médias et la société civile sont appelés à sensibiliser les citoyens à l'importance d'accomplir le devoir électoral".

Il a appelé, à cet égard, à ne pas amplifier la question du boycott qui demeure "insignifiante", au regard du nombre des partis politiques et des listes des Indépendants participant à ce rendez-vous électoral".

"L'arsenal juridique" national, en cas de son application à la lettre, est en mesure de faire échec à toute tentative d'atteinte à la régularité et à la transparence des élections, a-t-il soutenu.

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