Fête du travail 2017 : Entre gronde et revendications des syndicats

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MILOUDI MOUKHARIK
AIC Press
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1ER MAI - Les traditionnels défilés du premier mai ont été cette année l'occasion pour les syndicats marocains d'exprimer leur gronde face au nouveau gouvernement.

Le secrétaire général de l'Union marocaine du travail (UMT), El Miloudi Moukharik a appelé, lundi à Casablanca, le gouvernement à mettre en place une réelle politique sociale dans le but d’améliorer les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière.

Moukharik s'est adressé aux adhérents et sympathisants du syndicat, réunis lors d’un meeting pour célébrer la fête du travail. Ces derniers ont affiché des banderoles appelant notamment à la préservation du pouvoir d'achat de la classe ouvrière et des acquis du régime de la retraite.

El Miloudi Moukharik a mis en garde contre les choix prônés par le gouvernement qui creusent l’écart entre "la classe ouvrière et la classe des riches", ajoutant que cette politique débouchera sur de fortes tensions sociales.

Rejet de la révision du code du travail

Il a également réitéré la position de l’UMT qui rejette de façon catégorique la révision du Code de travail, qui est le fruit d’une concertation entre l’Etat, le patronat et le mouvement syndical.

Sous le slogan "Nous resterons toujours engagés en faveur de la classe ouvrière marocaine pour défendre ses revendications et ses droits", l'UMT a également appelé à la nécessité de préserver le droit de grève, qui constitue l’un des fondements des mouvements syndicaux dans le monde.

Par ailleurs, l’UMT invite le gouvernement à réexaminer la reforme du régime de la retraite via un nouveau round de dialogue social.

L’UMT, qui voulait accorder au gouvernement un répit de 100 jours, promet d'élever son niveau de protestation. Contacté il ya quelques jours par le HuffPost Maroc, Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, affirmait que plus de 300 secteurs d’activités seront représentés. La liste des revendications est longue. Elles portent surtout sur le bilan du gouvernement Benkirane et le gel du dialogue social pendant cinq ans, explique-t-il.

La CDT dresse un "bilan négatif au gouvernement précédant"

De son côté la Confédération Démocratique du Travail (CDT) a appelé à "un dialogue social institutionnalisé pour rendre justice à la classe ouvrière en se penchant sur ses revendications sociales, économiques et professionnelles".

Au cours de son meeting cplacéesous le thème "La voie de l'unité syndicale vers la réalisation des revendications et la préservation des acquis", le secrétaire général adjoint de la CDT, Abdelkader Zaer a souligné que pour le syndicat le dialogue social ne prendra son cours normal qu’à travers les résultats, la contractualisation, l’exécution de tous les engagements précédents et la création d’emploi convenable et stable, tout en réduisant les écarts sociaux et en renforçant le service public comme étant un moteur de développement.

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La CDT célèbre la fête du travail cette année en s’arrêtant sur "le bilan négatif du gouvernement précédent notamment les décisions injustes ayant impacté les droits et acquis tels que l’absence d’un dialogue social négocié, les prélèvements sur les salaires des grévistes, le gèle des salaires, et l’annulation des subventions de la caisse de compensation des produits de consommation de base".

La centrale syndicale s’est également penchée sur les revendications de la classe ouvrière relatives à l’amélioration du revenu, l’augmentation des salaires et des indemnités de tous les ouvriers, la réforme des régimes fiscal et mutualiste et le retour du dossier de la retraite à la table des négociations concertées, mettant l’accent sur la nécessité de répondre aux revendications des salariés et fonctionnaires du secteur public et privé.

S’agissant de la déclaration gouvernementale, la CDT estime qu’"elle ne répond pas en profondeur à la crise sociale et structurelle dont souffre le pays, ajoutant que cette situation de crise nécessite la prise de mesures nationales avec une dimension sociale au lieu de céder devant les instructions des institutions financières internationales".

La FDT moins sévère avec le nouveau gouvernement

La Fédération démocratique du travail (FDT) a elle appelé le gouvernement à faire preuve de ses bonnes intentions à travers la mise en application de tous les engagements contenus dans l'accord du 26 avril 2011.


 Le secrétaire général de la FDT, Abdelhamid Fatihi, a ainsi appelé le gouvernement à annuler le chapitre 288 du Code pénal et à adopter la convention 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les libertés syndicales.




Il a également plaidé pour l’obligation d’unifier le SMIG dans les secteurs industriel et agricole, soulignant la nécessité d’amener les départements ministériels et les institutions publiques à honorer leurs engagements concernant les accords conclus avec les syndicats sectoriels.



Concernant le nouveau gouvernement, ce dernier s'est montré moins sévère que la CDT et l'UMT, "la FDT ne peut pas donner sa position à l'égard de la politique sociale du gouvernement actuel dans l'immédiat, mais il le fera à la lumière de la gestion du gouvernement et son approche du dialogue social" a déclaré en tribune Abdelhamid Fatihi.

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