Tir de missile nord-coréen après un appel américain à contrer la "menace nucléaire"

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NORTH KOREA
A military drill marking the 85th anniversary of the establishment of the Korean People's Army (KPA) is seen in this handout photo by North Korea's Korean Central News Agency (KCNA) made available on April 26, 2017. KCNA/Handout via REUTERS ATTENTION EDITORS - THIS IMAGE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. EDITORIAL USE ONLY. REUTERS IS UNABLE TO INDEPENDENTLY VERIFY THIS IMAGE. NO THIRD PARTY SALES. SOUTH KOREA OUT. | KCNA KCNA / Reuters
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La Corée du Nord a procédé samedi à un tir de missile balistique, tir soldé par un échec, en riposte apparente à un appel solennel des Etats-Unis à l'ONU à contrecarrer la "menace nucléaire" de Pyongyang par un renforcement des sanctions internationales.

Quelques heures après une réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité, "la Corée du Nord a tiré un type de missile balistique non identifié depuis un site" au nord de Pyongyang, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense.

"Nous soupçonnons que cet essai a été un échec", a indiqué la même source, en précisant que le missile n'a volé que quelques minutes, vers le nord-est, et a seulement atteint l'altitude de 71 km. Le commandement américain pour le Pacifique (Pacom) a confirmé un tir de "missile qui n'a pas quitté le territoire nord-coréen".

Donald Trump a aussitôt accusé Pyongyang d'avoir "manqué de respect" à la Chine, son principal allié. "Mauvais!", a-t-il tweeté.

Depuis Londres, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a jugé ce tir "absolument inacceptable" et appelé la communauté internationale, notamment la Chine, à "montrer sa solidarité".

La France a appelé Pyongyang à se conformer "sans délai" à ses obligations et démanteler ses programmes nucléaire et balistique.

Au moment du tir raté, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, qui avait présidé la réunion du Conseil de sécurité, venait de quitter New York, après avoir exhorté ses partenaires à contrer une "menace nucléaire" nord-coréenne qui aurait des "conséquences catastrophiques".

M. Tillerson avait surtout pressé la Chine d'isoler Pyongyang économiquement et diplomatiquement.

Pressions

Le secrétaire d'Etat a prôné des "pressions économiques et diplomatiques", tout en menaçant de recourir à la force pour faire plier le régime de Kim Jong-Un.

"Ne pas agir maintenant sur la question sécuritaire la plus urgente dans le monde pourrait avoir des conséquences catastrophiques", a-t-il averti.

Signe de cette urgence pour les Etats-Unis, dont les territoires de Hawaï ou de la côte nord-ouest pourraient être à portée de missiles nord-coréens, il a affirmé que "la menace d'une attaque nucléaire nord-coréenne sur Séoul ou Tokyo était réelle", voire que le régime communiste pourrait un jour "frapper les Etats-Unis".

A Tokyo, le métro a été arrêté durant dix minutes peu après le tir, en application de nouvelles consignes de sécurité adoptées en avril envers ces tirs susceptibles de frapper le Japon, ont rapporté les médias japonais.

"Toutes les options en réponse à de futures provocations doivent rester sur la table", a martelé M. Tillerson, après que Donald Trump eut averti jeudi de la "possibilité que nous finissions par avoir un conflit vraiment majeur avec la Corée du Nord".

Action militaire

M. Tillerson a souligné la "volonté de contrecarrer l'agression nord-coréenne, avec une action militaire si nécessaire", assurant toutefois que Washington "préférait de beaucoup une solution négociée" diplomatiquement.

Mais alors qu'il avait réitéré vendredi une offre de dialogue direct avec Pyongyang, il a affirmé devant l'ONU que son pays "ne récompenserait pas le mauvais comportement (de la Corée du Nord) avec des négociations".

Pyongyang s'était engagé en 2003 dans des pourparlers à six avec la Corée du Sud, le Japon, la Russie, les Etats-Unis et la Chine, qui ont capoté en 2009. L'administration de Barack Obama (2009-2017) n'a cessé pendant huit ans de manier le bâton des sanctions et la carotte d'une relance des discussions.

Mais le régime communiste a multiplié ses tirs de missiles balistiques, procédant même à cinq essais nucléaires souterrains, s'attirant une série de résolutions de l'ONU et des sanctions internationales. D'après des experts onusiens, ces mesures punitives ont toutefois eu peu d'impact.

Rex Tillerson a réclamé que la communauté internationale "impose davantage de pressions diplomatiques et économiques sur le régime nord-coréen".

Levier' chinois

C'est donc d'abord vers la Chine, alliée de la Corée du Nord, que M. Tillerson s'est tourné.

Arrivée au pouvoir le 20 janvier, l'administration Trump s'était mise dans les pas de l'équipe Obama sur ce dossier mais semble davantage vouloir faire pression sur Pékin.

"La Chine représente 90% des échanges commerciaux nord-coréens, la Chine a un levier économique sur Pyongyang qui est unique et son rôle est particulièrement important", a pressé M. Tillerson, en présence de son homologue chinois Wang Yi.

L'Américain a dit attendre "des actions supplémentaires" de Pékin. Le Chinois lui a répondu que son pays appliquait scrupuleusement toutes les sanctions de l'ONU.

Il a remis en avant une proposition chinoise d'un gel des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, contre un arrêt des exercices militaires entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Pour le ministre chinois, cette proposition, plusieurs fois rejetée par Washington, est "sensée et raisonnable".

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a dénoncé une "rhétorique" de "guerre" et une "démonstration de force irréfléchie" qui pourraient avoir des "conséquences effrayantes".

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