Les baha'is du Maroc solidaires de leurs coreligionnaires arrêtés au Yémen

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BAHAIS YEMEN
Des membres de la communauté baha'ie au Yémen se rassemblent en soutien à un fidèle arrêté. Sanaa, avril 2016. | Khaled Abdullah / Reuters
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RELIGION - Plutôt discrets au Maroc, les membres de la communauté baha'ie sont récemment sortis de leur silence pour condamner, fin avril, les mandats d'arrestation lancés à l'encontre d'au moins 25 coreligionnaires au Yémen.

Selon un communiqué publié par la communauté internationale baha'ie et diffusé par les baha'is du Maroc, plusieurs fidèles yéménites ont été arrêtés au mois d'avril à Sanaa, la capitale du Yémen.

"La communauté baha’ie du Maroc est profondément attristée de constater qu’à notre époque, il existe encore des pays arabo-musulmans qui persécutent et arrêtent des citoyens uniquement car ils ont une confession différente de l’islam, bafouant, ainsi, les droits de l’Homme et la liberté de croyance", explique au HuffPost Maroc Jaouad Mabrouki, chargé de communication de la communauté baha'ie au Maroc.

S'il estime que le Maroc "avance dans une grande ouverture à la démocratie et à la liberté de croyance", il déplore que ce ne soit pas le cas au Yémen, où "des baha'is sont, en cet instant, entre la vie et la mort sans parler de la torture psychologique infligée aux familles des prisonniers".

"Comme tous les baha'is du monde, nous contestons cette violation des droits de l’Homme au Yémen à l’encontre des baha'is et nous demandons au monde entier de mettre fin à cette violation", ajoute-t-il.

Selon la communauté internationale baha'ie, le 17 avril, des dizaines de baha'is yéménites ont reçu des appels téléphoniques le soir les prévenant qu’ils devaient se présenter au tribunal le lendemain matin. L'un d'eux, un ingénieur civil, s’est présenté devant le tribunal et a été "immédiatement arrêté", selon le communiqué. Une demande de comparution considérée, par la communauté baha'ie, comme "un stratagème pour leur arrestation".

"Nous appelons la communauté internationale à dénoncer unanimement ces actions alarmantes menées par certaines autorités au Yémen (...) et nous demandons qu’elles mettent fin à cette récente vague d’arrestations et libèrent les baha'is emprisonnés, qui sont en grave danger", a déclaré Bani Dugal, la principale représentante de la communauté internationale baha’ie auprès des Nations unies.

Début avril, l'ONG Human Rights Watch lançait un plaidoyer contre la détention depuis 2013 et la condamnation à mort d'un baha'i yéménite "à cause de sa foi". L'homme est accusé par les autorités du Yémen d'être Iranien et d'avoir falsifié ses papiers, de prosélytisme, d'apostasie et de collaboration avec Israël - le centre religieux et administratif de la communauté baha'ie est implanté à Haifa, au nord d'Israël.

Le baha'isme, religion monothéiste fondée en Perse au milieu du 19e siècle, rassemblerait, aujourd'hui, environ 7 millions de fidèles, dont quelques centaines au Maroc. Les baha'is, qui s'inscrivent dans la continuité de la religion juive, chrétienne et musulmane, prônent, entre autres, la justice sociale, la tolérance et l’égalité entre les sexes. En 1962 à Nador, treize adeptes marocains de la religion bahai'e avaient été condamnés à mort ou à la prison à perpétuité, avant d'être finalement relâchés en 1963.

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