L'Allemagne interdit partiellement le port du voile intégral

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GERMANY ISLAMIC VEIL
395629 01: A Muslim woman waits to cross a street October 10, 2001 in Berlin's heavily-Muslim Neukoelln district. Investigators are revealing that Germany has been a major hub for Osama bin Laden's Al-Qaida organization, and that his followers successfully exploited the country's liberal society and large Muslim population to gain technical education, open bank accounts and recruit new members. (Photo by Sean Gallup) | Sean Gallup via Getty Images
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Les députés allemands ont adopté jeudi soir une loi interdisant partiellement le port du voile intégral, notamment aux fonctionnaires, un vote intervenu alors que le pays a accueilli plus d'un million de migrants, pour beaucoup musulmans.

Par ailleurs, le Bundestag, la chambre basse du Parlement, a aussi adopté une série de mesures destinées à mieux lutter contre les attentats terroristes, notamment le port du bracelet électronique pour les certains suspects classés "dangereux".

Le premier texte va obliger les agents publics à avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions mais n'interdit pas le port du voile intégral dans l'espace public.

Adopté à quelques mois des élections législatives du 24 septembre, où la question de l'intégration des migrants ayant afflué dans le pays jouera un rôle primordial, il concerne les fonctionnaires et agents de la fonction publique, y compris les juges et les soldats. Il s'applique également aux membres des commissions électorales.

Pour les personnes non fonctionnaires, "lorsqu'une identification est nécessaire et requise", les autorités pourront également exiger qu'elles retirent le voile ou tissu dissimulant leur visage, ajoute le texte.

La loi adoptée jeudi soir prévoit des exceptions, comme par exemple en cas de risque d'infection.

Officiellement, elle ne concerne pas que le voile intégral islamique. Elle a pourtant été clairement rédigée pour la burqa et adoptée après que l'Allemagne, sous l'impulsion de la chancelière Angela Merkel, a accueilli depuis 2015 plus d'un million de demandeurs d'asile, dont beaucoup de musulmans venus de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan.

Cet afflux a suscité des interrogations au sein de la société allemande quant à leur intégration, et a boosté les nationalistes anti-immigration de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui ont grimpé jusqu'à 15% dans les intentions de vote, avant de redescendre autour de 10%.

"L'Etat a le devoir de se présenter lui-même de façon idéologiquement et religieusement neutre", insiste le texte de loi. "Une dissimulation religieuse ou idéologique du visage dans l'exercice d'une fonction publique (...) va à l'encontre de ce devoir de neutralité", poursuit-il.

"L'intégration, ça signifie aussi que nous signifions clairement et transmettions à d'autres cultures nos valeurs et les limites de notre tolérance", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, cité jeudi dans un communiqué.

Le texte doit encore être adopté par le Bundesrat, la chambre haute du Parlement, pour prendre effet.

Le Bundestag a également adopté jeudi soir plusieurs mesures de renforcement de la sécurité.

Parmi elles, le port du bracelet électronique qui, décidé par un juge, pourra être apposé sur certains suspects considérés par les autorités comme particulièrement violents et pouvant représenter une menace sécuritaire importante, à l'image des radicaux islamistes.

Les députés ont également validé la création d'une base de donnée centrale commune aux polices fédérale et régionale, durci les sanctions contre les personnes agressant les policiers, les militaires ou les services d'urgence et approuvé la directive européenne sur l'échange de données des passagers aériens, destinée notamment à mieux lutter contre le terrorisme.

Ces mesures avaient été initiées par le gouvernement d'Angela Merkel juste après l'attentat au camion-bélier qui avait fait 12 morts sur un marché de Noël le 19 décembre à Berlin.

L'attentat, commis par Anis Amri, un demandeur d'asile tunisien débouté et connu de la police pour sa dangerosité, avait été revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI). Il avait choqué le pays et mis en exergue les dysfonctionnements de l'appareil sécuritaire allemand.

L'opposition, écologistes et gauche radicale Die Linke, a voté contre les deux textes.

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