Noura, une mère, pas comme les autres, de 8 enfants de SOS Gammarth

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Comme toutes les mamans, Noura nous présente ses enfants, leur demandant de bien saluer les invités et dissipe la timidité des uns par un sourire et une caresse tendre sur les cheveux. La jeune femme nous fait visiter sa demeure mais elle est obligée de s'éclipser un instant pour calmer la petite en pleurs car ses frères se sont accaparés de la télécommande de la télévision.

Des chamailleries entre enfants qui existent dans toutes les familles ordinaires. Pourtant cette famille n'en est pas tout à fait une. Noura n'est pas la maman biologique et cette fratrie n'est pas unie par les liens du sang.

C'est l'une de la dizaine de familles qui composent le village SOS Gammarth, chacune est composée de huit enfants de différents âges. Des enfants qui ont eu la chance d'intégrer ce refuge et la malchance de ne pas en avoir un dans leur famille biologique. Face à ces situations délicates, la mission de Noura est particulièrement sensible.

Elle est amenée à accomplir son rôle de mère pleinement en prenant en charge les enfants sur tous les plans; les nourrir, gérer la propreté, l'éducation, etc et ce, en absence d'une figure paternelle.

Etre mère, c'est être en partie une psychologue pour ses enfants, savoir déceler le mal-être, une détresse qui n'est pas rare chez ces gamins. "Mon rôle est d'essayer comme je peux de combler le manque affectif originel qui les tourmente mais aussi de voir ses manifestations. Parfois ils me rendent cette mission difficile, certains se barricadent derrière le silence, d'autres derrière l'agressivité ou autres troubles de comportement", a expliqué Noura.

Noura a été formée des mois avant de devenir une maman car il fallait la bien préparer sur tous les plans. Pour cela, outre la formation, elle a joué le rôle d'une tante auprès des enfants. La tante est celle qui remplace la mère quand cette dernière n'est pas présente suite à un congé. En effet, les mères ont le droit à une semaine de repos chaque mois, pour le reste, elles sont présentes 24/24h.

Même formée et blindée, la mission de Noura, comme toutes les autres mamans, n'est pas exempte de problèmes: "Il faut faire toujours attention en effet au mot qu'on prononce, aux mots susceptibles d'enfoncer leurs blessures. Les difficultés aussi grandes soit-elles doivent être gérées avec beaucoup de patience. L'intervention de la psychologue de SOS est nécessaire pour jouer l'intermédiaire parfois", a ajouté Noura.

À la sortie de sa maison, Noura s'éclipse encore une fois un instant, pour faire dépêcher les enfants car ils ont cours. Elle doit les déposer à l'école. Sur la marche, deux d'entre eux sont déjà prêts et attendent sagement, le regard songeur.

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