Travail domestique: Le calvaire des migrantes subsahariennes

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UNNAMED
Reuters
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ENQUÊTE - Le Maroc fait des "efforts importants" pour protéger et faciliter l’intégration des migrants sur le marché du travail, mais cela reste encore insuffisant. L’Association Afrique Culture Maroc en est convaincue. Lors d'une journée d'étude qu'elle a organisée ce mercredi à Rabat avec le Collectif des travailleurs migrants au Maroc, l'association a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des travailleurs migrants, et plus particulièrement les travailleuses domestiques.

En effet, une enquête réalisée auprès des travailleuses domestiques et dont les résultats ont été présentés à l'occasion relève une série de violations dont elles sont victimes. Ainsi, 35% d’entre elles perçoivent moins du SMIG et 45% entre 1.600 et 2.000 DH. Alors qu'à peine 5% du personnel touchent entre 2.600 et 3.000 DH. L’enquête soulève aussi le problème du travail forcé. En effet, 53% des travailleuses domestiques ont été contraintes d’accomplir des heures supplémentaires sous la contrainte.

Droits méconnus, droits bafoués

Bien souvent, ces femmes ne connaissent pas leurs droits, comme le montrent les témoignages poignants diffusés par Afrique culture au cours de cette journée d'étude. Alors que la durée hebdomadaire de travail est de 44 heures, des migrantes ont été obligées d’en effectuer jusqu’à 54 heures. "Ma patronne me faisait travailler comme une machine. Au début de ma grossesse, le médecin m’a recommandé du repos. Mon employeuse m’a alors donné quelques jours de repos avant de me mettre à la porte dès mon retour", raconte Nina, originaire de la Côte d’Ivoire. D’autres témoignages relatent des cas de travailleuses domestiques battues, injuriées et privées d’éducation ou encore de soins médicaux.

Le vide juridique a aggravé leur situation, souligne Hocine Ngrabalata, chef du projet "Droits des migrants en action", qui est financé par l’Union européenne pour promouvoir les droits des travailleuses domestiques. Selon lui, des avancées ont été accomplies sur le plan législatif avec notamment l’adoption de la loi sur la traite humaine et celle sur le travail domestique. "Mais il faut que les migrants soient cités de manière explicite dans cette loi sur le travail domestique".

Pour rappel, ce texte limite le nombre d’heures de travail pour les employés âgées de 16 et 17 ans à 40 heures par semaine, et pour les adultes à 48 heures par semaine.

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