Programme gouvernemental: La grande déception des centrales syndicales

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SYNDICATSMARCHE
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POLITIQUE - Comment attendu, les organisations professionnelles et syndicales représentées à la Chambre des conseillers n’ont pas fait dans la dentelle en examinant, hier mardi en séance plénière, le programme gouvernemental.

Pour l’Union marocaine du travail (UMT), ce programme s’apparente beaucoup plus à une déclaration d’intentions au lieu de comporter des engagements précis. La centrale syndicale s’attendait, entre autres, à une annonce sur l’adoption de toutes les conventions internationales liées au marché du travail, particulièrement celle sur la liberté syndicale. Elle tablait également sur la suppression de l’article 288 du code pénal, qui punit d’emprisonnement les travailleurs et syndicalistes grévistes.

Le social marginalisé

Sur le plan économique, l’UMT considère que le plan d’action de l’équipe El Othmani n’apporte aucune mesure à même de réduire la dette publique. Elle reproche au gouvernement de s’être encore plié aux mesures dictées par les institutions internationales, en l’occurrence le FMI. L’UMT dénonce d’ailleurs la dominance des intentions économiques au détriment du volet social. Le syndicat pointe notamment l’absence de mesures destinées à intégrer les 5 millions de personnes travaillant dans l’informel. D’autant que "ce plan d’action n’accorde aucun intérêt à la classe moyenne".

Sur la baisse du chômage, porter le taux à 8,5% relève de l’utopie, estime l’UMT. Avec un taux de croissance ne dépassant pas 4,5% à 5%, "il serait impossible d’intégrer chaque année près de 400.000 demandeurs d’emploi".

Du côté de l’Organisation démocratique du travail (ODT), son représentant à la Chambre des conseillers ne mâche pas non plus ses mots: "comment est-ce possible de préparer un programme gouvernemental en une semaine, alors qu’il a fallu 6 mois pour former la nouvelle coalition?", s’interroge t-il. Pour Abdelaziz Benazzouz, qui est également chef du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des conseillers, ce programme ne dégage aucune vision économique, sociale et culturelle capable de relever les multiples défis auxquels le pays doit faire face. Et d’ajouter que "ce programme nous place devant un gouvernement qui est une copie de l’équipe précédente". Or, dit-il, l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a lui-même reconnu son incapacité à gérer les dossiers sociaux comme l’éducation et la santé.

Incohérences

Abdelaziz Benazouz reproche au gouvernement d’avoir occulté des actions et des objectifs concrets. Selon lui, seule l’annonce de la poursuite de la décompensation peut être considérée comme une mesure concrète. "Mais même la position officielle sur ce dossier reste incertaine puisque deux ministres de ce gouvernement ont tenu des discours contradictoires". Un clin d’œil à Lahcen Daoudi, ministre en charge des affaires générales et de la gouvernance, qui s’est empressé de démentir le fait que le gouvernement ait arrêté les scénarios retenus pour la décompensation du sucre, de la farine et du gaz.

Outre ses remarques sur le programme gouvernemental, Abdelaziz Benazouz s’est également arrêté sur les conséquences des 6 mois d’impasse politique. Selon lui, les pertes s’élèvent à 24 milliards de dirhams. Le pays aurait également perdu 1,4 milliards de DH qui pouvait être issu de la TVA et 618 millions de DH comme impôts sur le revenu. Pire encore, 3.800 entreprises auraient fait faillite entre novembre 2016 et février dernier du fait notamment des arriérées de paiement.

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