Les Ahmadis sont poursuivis pour "association non agréée" et "collecte de dons sans autorisation", explique Mohamed Aissa

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Muslims from the Ahmadiyya Muslim Community pray at the Baitul Hameed Mosque in Chino, California on December 3, 2015, where people attended a prayer vigil to commemorate lives lost a day after the tragedy in San Bernardino. AFP PHOTO/ FREDERIC J. BROWN / AFP / FREDERIC J. BROWN (Photo credit should read FREDERIC J. BROWN/AFP/Getty Images) | FREDERIC J. BROWN via Getty Images
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L'Etat algérien "n'a pas l'intention de combattre les adeptes de la secte Al Ahmadiya", affirme Mohamed Aissa, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs. Les adeptes poursuivis "ne le sont pas pour la pratique de leur culte religieux mais pour leur adhésion à une association non agréé et leur collecte de dons sans autorisation", a-t-il rajouté mardi 25 avril 2017 lors d'une conférence au siège du ministère des Affaires étrangères sur "la liberté de culte en Algérie".

Le ministre des Affaires religieuses a révélé avoir reçu des correspondances de représentations du "Groupe Islamique Ahmadiya", association basée en Grande-Bretagne, sur des restrictions imposées par les autorités algériennes sur les activités de ses adeptes en Algérie.

Cette association a également émis des "réserves" sur la classification de l'Algérie de cette secte parmi les groupes takfiristes.

Le ministre a affirmé que "l'Algérie n'a pas l'intention de combattre la secte El Ahmadiya". A propos des adeptes convoqués ou arrêtés, Mohamed Aissa a expliqué que les charges retenues ne "concernent pas la pratique du culte religieux, garanti par la Constitution".

Ils ont ainsi été poursuivis pour "collecte de dons sans autorisation, en dehors du cadre légal, outre l'adhésion à une association non agréée". Des imams relevant de la tutelle ont également été poursuivis pour le même chef d'accusation, a-t-il renchéri.

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"Un groupe takfiriste ... point barre"

Lors de la même conférence, M. Aissa a réitéré ses propos à la Radio algérienne. Il a affirmé que la secte est un groupe takfiriste, selon la fatwa appliquée par l'Algérie et décrétée par le président du Haut Conseil Islamique (HCI), Ahmed Hamani.

"Cette secte affirme ses appartenances islamiques mais j'estime que dans le cas échéant, les Ahmadis doivent se référer aux décisions des savants musulmans", s'est-il interrogé lors de son passage à la Chaîne I. "Sauf que les préceptes de cette secte ne sont pas islamiques et portent plutôt préjudice aux bases mêmes de cette religion", avait-il indiqué.

Et pour appuyer ses dires, le ministre des affaires religieuses a expliqué lors de cet entretien que ses affirmations se référaient à des "conseils scientifiques tenus récemment dans la wilaya de Laghouat", qui se sont basés sur une fatwa émise auparavant par le Haut conseil islamique algérien".

"Appartenir aux Ahmadis signifie être en dehors du cercle de l'Islam", a-t-il ainsi affirmé. Le responsable de la tutelle s'est toutefois dit "disponible" à "entendre" les adeptes ahmadis "dans le cadre des lois de la République" avant d'exclure "la possibilité que ce groupe puisse négocier comme étant un groupe islamique".

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