Robert Ménard condamné pour "provocation à la haine" après ses propos sur les élèves musulmans

Publication: Mis à jour:
MENARD
Jean-Paul Pelissier / Reuters
Imprimer

POLITIQUE - Nouveau désaveu judiciaire pour Robert Ménard. Poursuivi pour avoir déclaré qu'il y avait trop d'enfants musulmans dans les écoles de sa ville, le maire de Béziers a été reconnu coupable de "provocation à la haine et la discrimination raciale" ce mardi 25 avril, par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

En outre, il a été condamné à 2000 euros d'amende. Le tribunal a également accordé entre un euro symbolique et mille euros de dommages et intérêts ainsi que mille euros de frais de justice à sept associations antiracistes qui s'étaient portées parties civiles, dont la LICRA, le MRAP, la Ligue des droits de l'Homme, SOS racisme et la Maison des potes.

Le maire de Béziers a décidé "évidemment" de faire appel. "Si dire ce que l'on voit est un délit...", a tweeté l'intéressé.

En septembre 2016, Robert Ménard avait provoqué un tollé en publiant un tweet dans lequel il expliquait tenir "la preuve éclatante" de la théorie du "Grand remplacement". "Il suffit de regarder d'anciennes photos de classe", avait-il écrit. Une référence claire à cette théorie complotiste très en vogue dans l'extrême droite radicale selon laquelle les populations "de souche" (blanches et catholiques) seraient sciemment remplacées par des populations africaines et musulmanes.

Quelques jours plus tard sur LCI, il avait récidivé, livrant un véritable plaidoyer racialiste. "Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91% d'enfants musulmans. Évidemment que c'est un problème", avait-il dit. Des propos pour lesquels il était également poursuivi mardi.

Pas vraiment une nouveauté pour Robert Ménard qui, depuis son élection à Béziers avec le soutien du Front national, n'a cessé de montrer du doigt les musulmans.

En mai 2015, il avait déjà suscité un tollé en évoquant "64,6%" d'élèves de confession musulmane dans les écoles publiques de Béziers, une estimation basée sur "les chiffres de (la) mairie". Une enquête avait été ouverte pour vérifier l'existence éventuelle de fichiers illégaux à la mairie, avant d'être classée sans suite.

Dans l'élection présidentielle, Robert Ménard a apporté son soutien à Marine Le Pen. Au meeting de la présidente du FN à Perpignan, l'édile biterrois avait fait un discours à la tribune avant que celle-ci ne prenne la parole.

LIRE AUSSI: