Latifa Ibn Ziaten au Maroc pour mettre en place un projet éducatif au service du vivre ensemble

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LATIFA IBN ZIATEN
Latifa Ibn Ziaten/Twitter
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ENGAGEMENT - En 2012, le militaire Imad Ibn Ziaten était la première victime du "tueur au scooter", le terroriste toulousain Mohamed Merah. Depuis 5 ans, la mère de la victime, Latifa Ibn Ziaten, parcourt la France et le Maroc à la rencontre des jeunes, des détenus, des professeurs et des sociologues pour délivrer un message de paix par le biais de son association "Imad Ibn Ziaten pour la Jeunesse et la Paix". Le 11 mars dernier, elle était au Maroc pour rendre hommage à son fils, à M'diq, ville d’où est originaire la famille Ibn Ziaten. Aujourd'hui, elle revient pour mettre en place un projet et aider les jeunes Marocains à trouver de l'espoir.

C'est à Figuig que la "mère courage", comme tout le monde la surnomme, a décidé de mettre en place son nouveau projet: un projet éducatif avec et pour les jeunes. "Avec ce chantier, je veux donner de l'espoir à cette jeunesse, la motiver, lui montrer qu'elle est capable de faire quelque chose de ses mains. Et aussi mettre en avant le vivre ensemble, le respect mutuel. C'est très important de transmettre ces valeurs", explique au HuffPost Maroc Latifa Ibn Ziaten.

20 jeunes participeront au projet, qui se déroulera en octobre prochain. Le matin, ils travailleront à la restauration d'une synagogue et l'entretien des jardins. "Le choix de la synagogue est important pour le dialogue religieux. Ce seront des enfants musulmans, chrétiens, athées qui travailleront côte à côte", souligne Latifa Ibn Ziaten. Les après-midi seront consacrés aux loisirs. Les jeunes feront de la musique, du sport, des promenades. "On en apprendra aussi un peu plus sur les palmiers, parce qu'il y a beaucoup de palmiers ici, c'est magnifique!", lance la mère courage.

Rencontre avec les jeunes et les prisonniers

Latifa Ibn Ziaten a profité de son voyage au Maroc pour, de nouveau, aller à la rencontre des collégiens et lycéens à Figuig et Bouarfa. Comme en France, elle raconte son histoire touchante et fait en sorte de motiver les jeunes. "En France, les jeunes ont beaucoup de moyens à l'école, mais ils manquent de motivation. Ici, c'est différent. Ils manquent de moyens mais sont tous très motivés." Au travers de ces rencontres, Latifa Ibn Ziaten aborde aussi le radicalisme. "Je leur dis de faire attention sur les réseaux sociaux. Je souligne que ce n'est pas parce qu'on manque de moyens qu'on doit aller vers le terrorisme", explique-t-elle. Et comme toujours, la mère courage touche son public. "Ils me disent comment vous arrivez à nous aider malgré la souffrance? On a besoin de plus de personnes comme vous. Cela me fait plaisir, je ne peux pas demander mieux."

À Bouarfa, Latifa Ibn Ziaten est aussi allée à la rencontre des détenus. "J'avais 120 prisonniers devant moi et l'échange a été très touchant.Ils ont posé beaucoup de questions et m'ont dit que j'étais une mère exemplaire, que je leur donnais beaucoup d'espoir. Après cette visite, je suis une autre personne."

Avant de rentrer en France, elle s'arrêtera à M'diq, pour rendre hommage à son fils. En attendant son prochain voyage au Maroc, c'est son association qui agira sur le terrain. "On a ouvert une antenne à M'diq il y a trois mois. Elle rassemble 25 bénévoles et 5 salariés", explique Latifa Ibn Ziaten.

Et si elle privilégie le terrain aux plateaux de télévision, on la retrouvera néanmoins au mois d'octobre sur les écrans de cinéma avec le long-métrage documentaire "Latifa, le coeur au combat ". "Ce film retrace mon combat et mon histoire. J'espère qu'il touchera les gens."

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