"L'accord politique en Libye est le socle de la solution à préserver", selon Messahel

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LIBYA
Algeria's Minister Delegate for Maghreb and African Affairs, Abdelkader Messahel (L), meets with with Libyan Prime Minister Fayez al-Sarraj in the capital Tripoli on April 21, 2017. / AFP PHOTO / MAHMUD TURKIA (Photo credit should read MAHMUD TURKIA/AFP/Getty Images) | MAHMUD TURKIA via Getty Images
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"L'accord politique en Libye est le socle de la solution à préserver", a déclaré le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel à Alger au terme de la visite qui l'a mené en Libye.

Insistant sur l'importance de préserver cet acquis, M Messahel a expliqué à la télévision algérienne le pourquoi de sa récente visite en Libye. Cette visite n'était pas destinée à présenter une initiative, ou un projet, ni une architecture, ni encore moins une solution, parce que, a-t-il estimé, les Libyens "ont la capacité de le faire, et ils ont (...) une plateforme qui est là, et qu'ils peuvent revoir". Il expliquera qu'il y était allé pour être informé sur les avancés autour de l'accord politique déjà trouvé.

"L’accord politique en Libye signé le 17 décembre 2015, est le socle de la solution à la crise en Libye. C'est un processus chapeauté par les Nations unies, que très peu de Libyens rejettent, et qu’il faut sauvegarder", a indiqué M. Messahel, qui a été l'invité lundi de l'émission Questions d'actu de la chaîne Canal Algérie de la télévision nationale.

Dans l'une des dispositions de l'accord, a-t-il rappelé, il est bien souligné qu'"à n’importe quel moment les parties (signataires de l’accord) peuvent se revoir, rediscuter, renégocier et revoir des articles s'il y a lieu de le faire, ou alors d’opérer des arrangements".

M. Messahel a également fait remarquer que l’accord politique gère une période de transition et celui-ci n'"est pas la solution définitive", qui viendra après l'"élaboration d'une nouvelle constitution et la tenue des élections". Après cela, a enchainé le ministre, "il y aura la mise en place des institutions de la Libye".

La chambre des représentants libyenne dont le mandat a pris fin en 2015, "ne doit sa survie qu’à cet accord politique. C’est le cas aussi pour le conseil présidentiel", a expliqué le ministre, appelant à l'"enrichissement et l'encouragement de ce type de dialogue".

Dans le cadre de la vision algérienne de ramener tous le monde au même agenda, visant à chercher une solution libo-libyenne et assurer un accompagnement des pays voisins pour les Libyens dans la recherche de leur propre solution, M. Messahel a rappelé avoir pris part, à Washington il y a quelques jours, à la quatrième session du dialogue sécurité et lutte contre le terrorisme.

"J’ai reçu la deuxième session du dialogue sécuritaire avec la Fédération de Russie récemment aussi. Je pars à Rome dans quelques jours dans le cadre de concertation entre l’Algérie et l’Italie. Je pense que le rôle de la communauté internationale c’est un peu le sens de la résolution de 22/59 des Nations Unies", a-t-il indiqué.

"C'est l’exercice auquel l’Algérie ne cesse de s’adonner avec nos partenaires américains, français, italiens, russes et arabes. Aussi, on a un dialogue avec l’Egypte, le Qatar, l’Arabie saoudite, et avec la Turquie, le Royaume-Uni, la Chine, ainsi qu'avec tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU", a assuré le ministre.

"A présent, les Libyens doivent discuter entre eux, le message que nous avons transmis est que la solution doit être libyenne entre Libyens et pour la Libye. Il faut que les gens se rencontrent", a encore insisté le ministre, faisant remarquer, dans le même contexte, que le président de la Chambre des représentants (Saleh Akila) a, pour sa part, affirmé qu'"il faut une solution libo-libyenne en Libye".

Le ministre s’est félicité, en outre, des efforts de réconciliation qui se font entre Libyens, précisant que "les Zentanis et Misratis (en conflit en 2014), ont pu aujourd’hui rétablir le dialogue entre eux, une paix s’est instauré. Il faut les encourager".

"J’ai le sentiment que le déclic peut venir. Toutefois, il faut que ce dialogue soit sans interférence étrangère. C'est très important", a déclaré M. Messahel, mettant en garde contre les interférences qui "créent parfois des problèmes, en raison des agendas et intérêts cachés".

"Mais les gens en Libye sont conscients que la solution ne peut venir que d’eux-mêmes", a réaffirmé le ministre, avant de mettre en exergue que les Libyens sont aussi conscients, que la complexité de la crise dans leur pays, vient du "manque du dialogue ou de l'inexistence d'un tel dialogue".

M. Messahel a également soutenu que "les malentendus viennent du manque du dialogue dans n’importe qu’elle situation", expliquant qu'il suffit que "les gens se mettent autour d’une table, discutent entre eux et négocient pour trouver des compromis".

"La situation est complexe. En même temps, elle n’est pas en inadéquation avec les capacités de ce pays, que ce soit le potentiel humain, économique, culturel ou sociologique". La Libye, un pays de millions d’habitants, recèle un potentiel extraordinaire, dispose de possibilités fabuleuses et de cadres, a argumenté le ministre.

"Il y a de l’espérance, il y a de l’espoir que le processus aboutisse", a conclu M. Messahel.

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