Investiture du gouvernement: Soutien forcé des députés du PJD

Publication: Mis à jour:
PARLEMENT
AICPRESS
Imprimer

PARLEMENT - Dernière ligne droite pour l’investiture du gouvernement de Saad Eddine El Othmani. La Chambre des représentants tient demain, mercredi 26 avril, une séance plénière consacrée aux réponses du chef du gouvernement aux remarques soulevées lundi par les groupes parlementaires concernant le programme gouvernemental. Les députés passeront au vote durant cette même séance. À l’exception du Parti authenticité et modernité (PAM), les interventions des groupes parlementaires des autres formations politiques annoncent d'ores et déjà que le vote de confiance sera accordé à la nouvelle équipe gouvernementale.

C’est surtout l’intervention de Driss El Azami, chef du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), qui a marqué les esprits. De toute évidence, il a déclaré que son parti votera en faveur du gouvernement. Mais l’ombre de l’opposition a plané sur son discours. En effet, El Azami a tenu à rappeler les conditions dans lesquelles le nouveau gouvernement a vu le jour. "Les tractations pour la formation du gouvernement ont été marquées par de douloureuses concessions qui n’ont d’égal que notre souci de contribuer à la stabilité du pays", a-t-il dit.

Driss El Azami n’a pas encore avalé la pilule du limogeage de Abdelilah Benkirane, qualifiant sa mise à l’écart de "moment douloureux". Selon lui, le PJD n’avait d’autre choix que de se plier aux pressions exercées sur le parti pour poursuivre les réformes lancées sous le gouvernement Benkirane, et ne pas prendre de risque pouvant concourir à l’instabilité du pays.

De leurs côtés, les 5 autres partis de la coalition gouvernementale ont clairement affirmé leur intention d’accorder leur confiance au nouveau gouvernement.

Opposition

Le PAM, qui avait choisi de rester dans l’opposition dès le lancement des négociations, a tiré à boulets rouges sur le programme gouvernemental. Mohamed Chrourou, président du groupe parlementaire du parti du tracteur à la Chambre des représentants, a mis en doute certains pronostics de l’équipe El Othmani. Pour lui, il est impossible de réduire à 8,5% le taux de chômage. Il explique que les 4,5% à 5% sur lesquels table le gouvernement comme taux de croissance ne permettront jamais d’inverser la courbe du chômage. "Même le gouvernement Jettou, qui avait réussi à atteindre une croissance de 5%, n’a pas réussi à porter le chômage en dessous de 11%", rappelle-t-il.

Quant à l’Istiqlal, qui a été écarté du nouveau gouvernement, il n’a pas clairement défini sa position. Dans son intervention, Nourredine Mediane, chef du groupe parlementaire du parti de la balance, est resté vague. Il s’est contenté d’indiquer que son groupe respectera la décision du Conseil national qui a déjà annoncé sa volonté d’apporter son soutien critique au gouvernement. Il a d’ailleurs lancé quelques piques au nouveau gouvernement. "Jusqu’à quel point cette nouvelle équipe reflète la volonté populaire?", s’est-il ainsi interrogé.

LIRE AUSSI: