Rapport de la Cour des comptes: Le ministère de la Culture, une coquille vide?

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CHELLAH RABAT
İhsan Deniz Kılıçoğlu/Wiki Commons
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CULTURE - Le ministère de la culture a tout d'une coquille vide. C'est du moins ce qui se dégage du rapport 2015 de la Cour des comptes. Les sages de cette instance ont d'emblée donné le ton: "Les documents présentés par le ministère de la Culture tels qu’ils sont établis ne peuvent être considérés comme des stratégies", est-il indiqué. Et d'ajouter que la programmation stratégique a été scindée en trois périodes ( 2003-2007, 2008-2012 et 2012-2016), mais qu'aucune n'a été déclinée en objectifs détaillés et chiffrés avec des moyens, des plans d’action et des délais précis.

Proximité culturelle

Censée promouvoir les centres culturels, la tutelle n'en a créée que 57 sur un total de 463, indique la même source. Quant à la répartition spatiale de ces institutions, elle est marquée de disparités, ajoute la Cour des comptes. En effet, plus de 32% de ces centres culturels se trouvent dans les régions de Souss-Massa-Drâa et de Tanger-Tétouan, alors que quatre grandes régions n'en accueillent que 7,3% :Oued-Eddahab–Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra, Gharb-Chrarda-Beni Hssen et Chaouia-Ouardigha.

Monuments historiques

Côté monuments historiques, la Cour des comptes n'est pas plus clémente. Dans son rapport, elle précise que le ministère de tutelle lance des chantiers de restauration sans les mener à terme. Ainsi, des projets entamés durant les années 2006 et 2007 ne sont pas encore achevés à ce jour. La Cour des comptes cite comme exemple les projets de restauration du site volubilis (3ème tranche), d’aménagement de Hri Souani et du musée et du jardin des Oudayas.

La Cour des comptes craint surtout pour le devenir des monuments historiques. En cause, les imprécisions du cadre législatif relatif à la protection de ces sites. Ainsi, la loi n°22-80 évoque une autorisation administrative pour assurer l’entretien et la restauration des monuments sans attribuer clairement cette tâche au ministère de tutelle.

Plus grave encore, la tutelle ne désigne pas des agents chargés de la constatation des infractions aux dispositions de la réglementation. Résultat: aucun rapport devant relever des infractions n'a été élaboré depuis la création de ce ministère. Pourtant, les cas d'atteinte aux sites historiques ne manquent pas. Des actes de destruction et de vandalisme commis par des groupes de "chasseurs de trésors" dans des sites historiques comme Gantrat El Fellous et Dar Oum Sultan font encore parler d'eux.

Reddition des comptes

La gestion des galeries relevant du ministère de la culture, dont le nombre s'élève à 47 structures, n'obéit toujours pas à des règles de transparence, soulève par ailleurs le rapport. "À l’exception des expositions réalisées au niveau des galeries de Rabat, le ministère ne dispose pas des statistiques sur celles organisées par ses structures au niveau régional", précise-t-on dans le document. Dans la même lancée, la Cour des comptes constate que seules les galeries de Rabat possèdent un règlement intérieur.

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Filed by Hajar Benezha