Formation professionnelle: 20 ans sans visibilité

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EMPLOI - Alerte sur le système de la formation professionnelle. Le rapport d’activité 2015 de la Cour des comptes, publié ce lundi, fustige une série de défaillances, à commencer par la gestion des établissements de formation professionnelle.

En 2015, le taux d’affluence a atteint 2,3 candidats pour une place. À priori, cela montre un déficit en matière de capacité d’accueil. Mais la réalité est tout autre. La Cour des comptes indique que le taux d’occupation est souvent inférieur à la capacité d’accueil. Pour certaines filières, le nombre de stagiaires ne dépasse pas 10 par classe.

Manque de visibilité

Le manque de visibilité gène également la Cour des comptes. L’instance présidée par Driss Jettou dénonce l’absence de stratégie de planification, de suivi et d’évaluation du marché de la formation professionnelle. Le département de tutelle ne dispose toujours pas d’une carte prévisionnelle lui permettant d’orienter ses programmes.

Plus de 20 ans après sa création, le ministère tarde aussi à appliquer une stratégie intégrée. En 2011, la tutelle a confié à un prestataire la réalisation d'une étude ayant abouti à l’élaboration d’une vision stratégique. Celle-ci a été adoptée en juillet 2015 sans jamais passer au stade de l’exécution.

Selon la Cour des comptes, la mise en œuvre de cette feuille de route reste tributaire du degré d’implication des différentes parties prenantes et des moyens qui lui seront affectés. Le coût de son application est estimé à près de 66 millions de dirhams, dont 25,9 millions apportés par l’État. L’autre partie du financement sera assurée par le secteur privé (17 millions), les familles (10,2 millions) et la tutelle à travers l’impôt sur la formation professionnelle.

Cette multitude d’intervenants se trouve d'ailleurs au cœur de ce tableau sombre que dresse la Cour des comptes. De plus, la tutelle, d'après la même source, n’a pu développer la licence professionnelle au profit des lauréats de la formation professionnelle comme cela est prévu par le plan d’urgence.

La Cour des comptes reconnait, toutefois, que c'est l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (Ofppt) qui fournit le plus d’efforts en formant plus 66% des stagiaires. Le privé n’en forme que 24%, tandis que les différents secteurs ministériels se contentent de 10%.

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