1 chef d'entreprise sur 2 ne pense pas pouvoir travailler et gagner de l'argent sans recourir à la corruption

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CORRUPTION
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La CONECT a récemment présenté les résultats d’une enquête réalisée sur la santé des PME tunisiennes intitulé "MIQYES " et ce en partenariat avec le cabinet d’expertise "HLB GS Audit & Advisory".

Selon les résultats de cette enquête, 26,6% des chefs d’entreprises interrogés affirment avoir passé plus d’une heure par semaine avec leurs banquiers en 2016. C’est dire la relation étroite entre le monde des affaires et le financement bancaire en Tunisie. Toutefois et comme l’indique le baromètre des PME, 65,7% des demandes de crédit ont été rejetées au cours de la même période de l’étude. La part du lion des crédits accordés revient aux crédits de gestion, soit 68% du total des demandes déposées contre 45% pour les crédits d’investissement.

Par ailleurs plusieurs entreprises déclarent avoir perdu des clients ou des parts de marchés en 2016, soit plus de 39% de l’échantillon retenu. Le manque de compétitivité notamment prix, la difficulté financière du client, la baisse de la demande, les problèmes logistiques et la situation générale du pays sont les principales raisons avancées par les entreprises interviewées.

30,2% des PME ont subi des arrêts fréquents de la production en 2016 et contrairement à ce l’on peut attendre les tensions sociales arrivent au 4ème rang des causes présentés par les chefs d’entreprises. Il se trouve que le manque de matières premières et la frilosité de la demande sont les principaux facteurs expliquant l’arrêt de production à répétition. D’ailleurs, 40,2% de ces entreprises affirment ne pas avoir décroché de nouveaux clients en 2016.

Du côté des freins à l’entreprenariat, 41% des PME affirment que les blocages avec l’administration fiscale ou la douane sont les principales entraves de leur activité.

En réponse à la question: "Est-ce que vous pensez que les entrepreneurs peuvent travailler convenablement sans être obligés de donner des pots de vins?"; 50% des chefs d’entreprises interrogés ne pensent pas pouvoir travailler et gagner sans recourir à la corruption. Un chiffre qui fait grincer les dents et reflète le degré de l’enveniment du climat des affaires en Tunisie notamment en relation avec l’administration.

Néanmoins et en dépit de ces chiffres clés retenus pour évaluer la santé des PME en 2016 et qui font montre d’une dégradation du climat des affaires, 67,4% des dirigeants sont plutôt optimistes et ont confiance en l’avenir.

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