Arrangements entre LafargeHolcim et des groupes armés en Syrie: le PDG démissionne

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ERIC OLSEN
Chief Executive Eric Olsen of LafargeHolcim, the world's largest cement maker addresses a news conference to present the company's 2016 results in Zurich March 2, 2017. REUTERS/Arnd Wiegmann | Arnd Wiegmann / Reuters
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INTÉRÊTS FINANCIERS - Les arrangements entre LafargeHolcim et des groupes armés en Syrie auront coûté sa place au PDG du numéro un mondial du ciment. Eric Olsen, à la tête de la société suisse depuis deux ans, quittera ses fonctions en juillet prochain. Le patron du cimentier a annoncé sa démission lundi 24 avril dans un communiqué.

"Ma décision est motivée par ma conviction que cela contribuera à calmer les fortes tensions qui sont nées récemment au sujet la Syrie", a déclaré Eric Olsen. "Alors que je n'étais absolument pas impliqué, ni même conscient de tout acte répréhensible, je crois que mon départ contribuera à ramener la sérénité dans une entreprise qui a été exposée pendant des mois à cause de cette affaire".

À partir du 15 juillet prochain, jour du départ de M. Olsen, le président du conseil d'administration Beat Hess assurera la période de transition jusqu'à la nomination du nouveau PDG du groupe. Roland Köhler, actuellement membre du comité exécutif responsable de l'Europe, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Trading, sera nommé directeur général délégué.

Le leader suisse des matériaux de construction avait reconnu le 2 mars avoir conclu des arrangements "inacceptables" en remettant de l'argent à certains groupes armés en Syrie pour maintenir l’activité d’une cimenterie entre 2013 et 2014, en pleine guerre civile.

Les responsables de la filiale syrienne, qui appartenait alors au français Lafarge, auraient agi "d’une façon dont ils pensaient qu’elle était dans le meilleur intérêt de l’entreprise et de ses employés", avait indiqué le groupe dans un communiqué. L'enquête interne menée par LafargeHolcim suite aux révélations faites l'année dernière par le journal Le Monde à ce sujet avait néanmoins "révélé des erreurs de jugement significatives en contradiction avec le code de conduite alors en vigueur".

Selon le quotidien français, entre 2013 et 2014, la présence de Daech dans la région "a contraint la cimenterie à négocier des droits de passage aux checkpoints tenus par les djihadistes pour ses camions" et à se fournir en pétrole aux négociants dont les champs étaient contrôlés par l'organisation terroriste.

La justice française s'était alors saisie de cette affaire au mois de janvier pour examiner si des infractions avaient pu être commises par la société.

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