Revivez le concert de Mashrou' Leila à Rabat (VIDÉO)

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MASHROU LEILA
Ibtissam Ouazzani
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MUSIQUE - Le groupe de rock alternatif libanais Mashrou’ Leila (Le Projet d'une nuit) a donné un concert à guichet fermé vendredi 21 avril au théâtre de la Renaissance à Rabat, et le lendemain, samedi 22 avril, au Studio des Arts Vivants à Casablanca. Venus nombreux, les fans ont pu chanter en coeur avec la voix puissante de Hamed Sinno en se laissant emporter par les vibrations du violon de Haig Papazian. Le groupe n’était pas revenu au Maroc depuis sa participation en 2014 à la première édition de Visa for Music au Théâtre National Mohammed V de Rabat.

"La dernière fois qu’on a joué au Maroc, l’audience était incroyable et depuis, on a toujours voulu revenir", déclare Hamed Sinno au HuffPost Maroc, la veille du concert donné à Rabat.

C’est la première fois que le groupe joue au Maroc des chansons de son dernier album, "Ibn El Leil", mais la foule semblait déjà connaître par coeur chaque titre et accompagnait Hamed, le chanteur et leader du groupe, dans chacun de ses mots. De "3 minutes" à "Tayf" en passant par "Fal Yakoune", les fans marocains du groupe ont dansé et chanté au gré des rythmes envoûtants et intenses de la musique de Mashrou' Leila. D’autres encore criaient à chaque déhanché de Hamed, qui semblait entrer en transe sur scène à chaque titre.

Le chanteur a aussi réussi, le temps d’une chanson, à créer un silence complet dans la salle en sifflotant au rythme de la musique, pour que les spectateurs, les bras en l’air, puissent savourer la délicatesse de la mélodie de "Chim El Yasmine".

Un projet de plus d'une nuit

Mashrou’ Leila existe depuis près de dix ans, a produit quatre albums et a joué sur les scènes du Liban, du Caire, de Dubai mais aussi des États-Unis, de la France ou encore de l’Allemagne. Cependant, la route vers le succès n’est pas aussi simple et les sujets abordés par le groupe dans leur chansons, tels que les libertés individuelles et l’homosexualité, ne sont pas au goût de tout le monde.

En avril 2016, Mashrou’ Leila a été interdit de jouer à Amman par le ministère du Tourisme qui avait jugé que le concert était "en contradiction avec le caractère historique du site". Un député jordanien avait également accusé le groupe sur Facebook de faire "l’apologie du satanisme et d’idées étrangères à la société et la culture arabo-musulmanes".

"On ne va pas écrire nos textes différemment à cause de choses comme ça. Le seul moyen de maintenir une carrière dans la musique est d’éloigner les réactions des gens, même celles qui sont positives", explique Hamed.

Malgré la censure et la controverse autour de leurs textes, les cinq membres du groupe travaillent actuellement sur leur cinquième album qui pourra inclure des collaborations avec de nouveaux musiciens et artistes comme l’a révélé Carl au HuffPost Maroc.

"On a encore tellement de choses à dire et à écrire que l’on ne peut pas s’arrêter", poursuit-il. "Au début, j’avais peur qu’on commence à travailler sur l’album et qu’on se sente bloqué à un certain moment. Mais au contraire, on a encore plus d’inspiration et d’idées que les autres albums." On a hâte de le découvrir.

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