Une nouvelle manifestation organisée dimanche pour Idya, le père réagit

Publication: Mis à jour:
IDYA
idya
Imprimer

MANIFESTATION - Après le soutien des internautes à la famille d’Idya sur les réseaux sociaux et des manifestations organisées dans plusieurs ville du Maroc, la mobilisation suite à la disparition de la petite Idya, 3 ans, continue ce dimanche dans la capitale. Driss Syfaks Fakhreddine, le père de la défunte, sera présent cette fois-ci, et dit avoir en tête un seul objectif: l’amélioration de la qualité des services dans la région du sud-est marocain.

"Je ne manifesterai pas par vengeance ou pour une réclamation privée, mais pour que le gouvernement tourne son regard vers notre région", explique Driss Syfaks Fakhreddine au HuffPost Maroc.

Le ministère avait de son côté réagi à l’affaire en réfutant les propos qui indiquent que le scanner à Errachidia était en panne, et en assurant que tous les efforts ont été déployés à Fès pour sauver la petite Idya.

"Pour ma part, je n’ai jamais dit que le scanner à Errachidia ne marchait pas", rectifie Driss Syfaks Fakhreddine. "J’avais indiqué qu’il n’y a pas de scanner à Tinghir, alors qu’à Errachidia, c’est un mauvais diagnostic qui a posé problème. Les médecins ont seulement vérifié la tête et la gorge, il n’y a donc pas eu d’examen complet", se souvient le père. "On nous a ensuite orientés vers le mauvais hôpital à Fès, où on nous a finalement révélé que l’état d’Idya était beaucoup plus grave que ce qu’on nous avait dit dans les hôpitaux précédents. Il nous ont ensuite dirigés vers le CHU de Fès, mais il était déjà trop tard."

Manifester pour espérer voir la situation s'améliorer

Le ministre de la Santé Houcine El Ouardi, qui avait présenté ses condoléances à la famille d’Idya par la personne du délégué de la région, assure que Draâ-Tafilalet figure parmi les régions prioritaires dans le plan de développement du pays, régions qui bénéficieront de projets importants tel que la construction d’un nouvel hôpital à partir de septembre 2017 ainsi que l’extension du centre de santé de Boumalne-Dadès d’ici 2018.


"Le décès d’Idya n’est pas une affaire privée, c’est un problème qu’il faut réparer. J’ai d’autres filles, il faut les protéger. Il ne faut pas qu’un drame comme celui-là se répète", insiste Driss Syfaks Fakhreddine. "Nos attentes sont grandes et on sait bien que ce n’est pas avec une petite action que ça va se régler, mais c’est le combat de tout le monde," espère-t-il. "Au gouvernement de prendre les mesures qui s'imposent. Pour notre part, nous continuerons de manifester jusqu’à ce qu’il y ait une vraie amélioration de la situation", ajoute M. Fakhreddine.

Des représentants de la société civile, des droits de l’homme, et du réseau du mouvement amazigh seront présent lors de la manifestation. Deux autres manifestations sont déjà prévues à Tinghir, le 30 avril, puis une autre 40 jours après le décès d’Idya.

C'est suite à une chute accidentelle que la petite Idya, 3 ans, a d'abord été transportée à l’hôpital de Tinghir, puis dirigée vers l’hôpital d’Errachidia suite à un manque de matériel. Elle a ensuite été transporté à l’hôpital Omar Idrissi de Fès et a fini par succomber à ses blessures lors de son trajet vers le CHU de Fès. Le cinéaste Kamal Hachkar avait publié sur notre site une tribune pour ne réclamer "ni la charité ni la pitié, mais de vrais services publics pour la population ET la dignité".

LIRE AUSSI: