Le blocage inexpliqué du Med Câble de Djezzy

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Depuis l’interdiction de son exploitation en 2009, au début de la crise avec Orascom Télécom, le câble Internet de Djezzy, reliant l’Algérie à l’Europe est toujours hors service.

Un investissement de 30 millions de dollars et une capacité de bande passante à l’international de 80 Gigabyte (GB) sont bloqués. Si à l’époque la décision du gouvernement algérien était justifiée, huit ans plus tard, et au moment où l’Algérie détient 51% de l’opérateur Djezzy, le maintient de ce blocage n’a plus aucun sens.

L’Algérie a subit, depuis 2015, deux trois coupures de l’Internet sur le câble sous-marin SMW4 reliant Alger à Marseille. Mme la ministre des PTIC préfère parler de "perturbations" car, explique-t-elle, il y a eu des liaisons Internet sur le câble Alger-Palma (Alpal) et celui de Annaba-Bizerte (Tunisie).

Pour rappel, l'Algérie et la Tunisie ont signé, le 26 octobre 2015, un accord de coopération pour garantir la continuité du trafic internet international en cas de panne sur les câbles sous-marins de fibres optiques. L’accord avait été signé par Mme Houda Imane Feraoun.

En tout, l’Algérie dispose actuellement d’une capacité installée de bande passante internationale de 680 Gigabyte (GB), répartie entre : 600 GB pour le câble de fibre optique Annaba à Marseille et 80 GB pour celui d’Alger-Palma (ALPAL). La liaison Annaba – Bizerte (Tunisie) est dotée d'une capacité de 40 GB.

Lors de la dernière "perturbation", qui a duré deux jours, en raison des travaux sur le câble Marseille-Annaba, la liaison internationale de l’Algérie était composée de 120 GB uniquement. Il s’agit des 80 GB de l'ALPAL en plus des 40 GB du câble Annaba-Bizerte. Selon les explications de Mme la ministre des PTIC, sur les 120 GB disponibles, 10 GB ont été accordés aux opérateurs de téléphonie mobile, 40 GB pour les entreprises du secteur économique, alors que les 40 GB restants "ont été distribués aux autres utilisateurs", disait-elle lors d’une émission radio au lendemain du rétablissement de la connexion sur le SMW4.

Sécuriser la connexion de l’Algérie

Déployé en 2005 pour renforcer les liaisons à l’international de l’Algérie, le Med Câble, installé par Alcatel-Lucent, a coûté 30 millions d’euros. Cette infrastructure n’est pas exploitée dans sa partie internationale (Alger-Marseille) depuis l’éclatement en 2008 entre l’Etat Algérien et Orascom Télécom Holding, l’ancien propriétaire de Djezzy. A ce jour, seule la portion Alger-Annaba est opérationnelle.

Le litige entre l’Etat Algérien et ayant été réglé par le rachat de 51% des parts de Djezzy par le Fonds National d’Investissement contre 49% pour VEON (anciennement VimpelCom), rien n’explique l’interdiction de l’exploitation de la partie internationale de cette liaison en fibre optique. Le Med Câble de Djezzy figure désormais dans le patrimoine de l’entreprise rachetée à 51% par l’Algérie.

Le sujet est presque tabou puisque même Mme la ministre des PTIC n’évoque plus ce câble qui peut non seulement sécuriser la connexion pour les abonnés de Djezzy, mais également

permettre à l’opérateur de contribuer à absorber une partie des problèmes en cas de panne ou de coupure, comme celle vécue en mars 2015. Le Med Câble, doté d’une capacité initiale de 80 GB, extensible à 100 GB, peut être opérationnel dans sa partie internationale en une semaine.

Et pourtant l’Algérie est loin d’avoir sécurisé sa connexion. La réalisation du projet de câble reliant Oran et Alger à Valence, ne justifie pas de laisser tomber un investissement de 30 millions de dollars, qui peut même rapporter de l’argent si une partie de la capacité de 80 GB est louée en cas de panne ou de travaux chez nos voisins, ou dans le cadre de la vente de capacité à d’autres pays africains.

L’explosion de la demande en data mobile, de l’aveux même de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT), enregistrée depuis le lancement des technologies mobiles de 3e et de 4e génération (3G et 4G), plaide pour l’exploitation optimale de toutes les infrastructures de liaisons Internet disponibles.

D’autant que la réalisation du projet de câble en fibre optique, reliant Oran et Alger à Valence, d’un coût global de 27 millions de dollars, est retardée en raison de "problèmes techniques et administratifs" rencontrés "côté espagnol", comme l’a précisé Mme la ministre lors de l’émission radio. Pour rappel, le projet, initié en 2009, devait être réceptionné en octobre 2016, avant d’être reporté de "trois mois", soit pour janvier 2017. Six mois plus tard, il n’est pas encore opérationnel. Pendant ce temps, le Med Câble d’une capacité de 80 GB reste inexplicablement non exploité !

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