Jean-Luc Mélenchon rend un nouvel hommage à Tanger sur l'antenne de RMC

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BOURDIN ET MELENCHON
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POLITIQUE - Passage obligé pour les candidats à l'Élysée, la classe politique française se livre chaque matin au micro de RMC, dans l'émission radiophonique "L'entretien d'embauche", animée par Jean-Jacques Bourdin. À trois jours du premier tour de l'élection présidentielle française, Jean-Luc Mélenchon était ce matin l'invité du journaliste de RMC.

Entre deux parties purement politiques, et un échange tendu au moment d'évoquer la crise au Venezuela, où d'importantes manifestations contre le président ont fait trois morts le 19 avril, Jean-Jacques Bourdin interroeg le candidat de la France insoumise sur son enfance et sa jeunesse. L'occasion pour Jean-Luc Mélenchon d'évoquer ses souvenirs tangérois (à la 23e minute dans l'interview) et de rendre hommage à la ville du détroit, hommage relayé ce matin également sur Twitter.

"C'était une ville internationale extraordinaire. Ça m'a vacciné de naissance contre l'intolérance. Nous étions tellement différents. Mes petits copains et moi parlions toutes sortes de langues: l'arabe, l'espagnol, le portugais, mais essentiellement le français". Bourdin souligne qu'en arrivant en France, on appelait Jean-Luc Mélenchon "le bicot". "Oui, j'ai commencé une carrière d'immigré. Pendant les deux premières années, les gens étaient simples et mélangeaient tout. Pour eux, les bicots étaient tous ceux qui arrivaient de là-bas (Maroc, ndlr), et ils nous détestaient pour des raisons assez confuses", a répondu Jean-Luc Mélanchon.

Ce n'est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon partage ses souvenirs d'enfance à Tanger. Dans un documentaire sorti fin janvier sur France 3, mais dont un extrait a récemment fait le tour des réseaux sociaux, on en apprend un peu plus sur l'enfance marocaine du candidat, né à Tanger en 1951.

Né d'un père receveur des postes et d'une mère institutrice, Jean-Luc Mélenchon a passé les onze premières années de sa vie dans la ville du détroit, dont il garde le souvenir "des odeurs de la mer, côté Atlantique" et "des promenades boulevard Pasteur, avec tout à coup cette ouverture sur le détroit de Gibraltar", raconte-t-il.

Jusqu'au jour où il doit quitter le Maroc pour la France. "Le départ d'Afrique du nord est une blessure qui me met en communion avec la sensibilité de n'importe quel immigré. Je sais ce qu'il ressent", confie le candidat à la présidentielle, pour qui l'immigration est un "exil forcé", une "souffrance".

Souffrance qui, selon Lilian Alemagna, auteur de Mélenchon le plébéien, peut expliquer son rapport à l'Europe. "Il dit se sentir plus proche de quelqu'un qui vit en Algérie, au Maroc, dans le sud de l'Espagne ou de l'Italie, que d'un Allemand, d'un Finlandais, d'un Letton ou d'un Estonien. Cela joue sur son rapport culturel à ce que doit être l'Europe pour lui aujourd'hui".

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