A Annaba, l'écotourisme et les cinéphiles œuvrent pour rendre à la Coquette son charme

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Dans une ville où les politiciens en campagne abordent rarement les vrais problèmes des autochtones, des initiatives de jeunes basées sur la mise en valeur des atouts culturels et naturels de la ville de Bône prennent leur envol et embellissent le quotidien des citadins.

Et c’est dans cette perspective qu’un groupe de jeunes universitaires a fondé un collectif pour booster l’activité de la cinémathèque d’Annaba. Cette salle de cinéma datant de l’époque coloniale a longtemps été abandonnée et n’a été réhabilitée qu’après 15 longues années de travaux. La cinémathèque n’a pu être ainsi, au rendez-vous de la première édition du Festival d’Annaba du film méditerranéen en 2015. Pire, les citadins ont perdu l’habitude de sortir "pour se faire un cinéma".

cinéphiles

Le collectif Cinéphiles de Bône se veut un acteur contributeur pour faire renaître ce loisir. Constatant l’absence d’engouement des Bonois, cinq jeunes fondateurs ont décidé d’apporter un soutien aux efforts des responsables de la cinémathèque. "Ce collectif est parti d’une idée initiale, celle de créer un ciné-club", expliquent Mohamed et Sammy. "Mais à défaut de salle de projections ou de lieux appropriés, l’idée a été abandonnée." "Mais un jour, nous sommes passés à coté du cinéma et nous avons été stupéfaits du fait qu’une projection d’un film de Youssef Chahine se faisait à salle vide !" se remémore Sammy.

L’idée initiale refait, donc, surface dans l’esprit de ces jeunes et trouvera finalement l’approbation du directeur de la cinémathèque, M. Kamel Rouini. "Ce monsieur a été très attentif à notre proposition et, a aussitôt donné son accord pour cette initiative" poursuit Mohamed.

A travers la page Facebook Cinéphiles de Bône, ces jeunes annoncent les projections des films et arrivent à attirer de plus en plus de spectateurs. "Ça a commencé avec un petit noyau d'amis de moins de dix personnes et qui grandissait chaque semaine un peu plus. Maintenant on est à peu près cinquante personnes qui se retrouvent régulièrement chaque samedi à la cinémathèque" se félicite Mohammed. "Ce sont par ailleurs des liens qui se tissent entre ces personnes qui se connaissait pas ou peu avant" ajoute-t-il.

Ces jeunes ont réussi en outre à établir un débat de critique cinématographique à la fin des projections des séances du samedi. Une idée réfléchie dès le départ, selon Sammy. Cependant "nous avons temporisé pour son lancement" souligne-t-il dans l’optique "d’enraciner d’abord cette culture de venir voir un film dans des conditions appropriées avant de passer au stade suivant, celui d’avoir un œil critique sur l’œuvre."

Une fois que le "noyau des cinéphiles s’est cristallisé, nous avons lancé la critique à la fin de la séance, et là était la surprise" s’exclame Mohammed. "On a découvert qu'un bon nombre des spectateurs avait cette aptitude à décortiquer une œuvre, comme des connaisseurs chevronnés". "C'est formidable de voir les gens partager leurs opinions et regards avec beaucoup de profondeur et de sensibilité",souligne Sammy.

Ces belles initiatives s’étendent également sur les hauteurs du massif de l’Edough grâce à des jeunes amis de la nature.

L’écotourisme au village de Seraidi

Dans ce village, de nouveaux loisirs écologiques sont désormais proposés par l’association Seraidi Adventures Club. "C’est une association sportive multidisciplinaire qui englobe pour le moment quatre sections actives", explique son Secrétaire général Walid Benatmane.

En sports de montagnes, le Club propose des randonnées pédestres guidées, jeux d’orientation, escalades, campings, courses en montagne ainsi que le vol libre en parapente. En sport aquatiques, l’association organise des plongées en apnée, du kayak, des sorties et des balades en mer ainsi que la pèche sous-marine.

"Très prochainement le club offrira aussi des balades en quads, du paint-ball ainsi que de l’archery tag", annonce Walid.
"Le Club est né par une initiative de 17 jeunes dont la moyenne d’âge est de 25 ans" raconte-t-il. "L’aventure a commencé en 2015 et l’idée a immergé quand ont a vu le grand engouement aux activités de randonnées organisées par l’association Green Ground Seraidi (une association de protection de l’environnement au niveau de l’Edough). Nous avons alors décidé de formaliser ces activités par la création d’un club pour promouvoir l’écotourisme, les loisirs et le sport outdoor", poursuit-il.

adventures club

Pionnière dans cette région dans les activités touristique respectueuses de la faune et la flore, Seraidi Adventures Club se veut une locomotive pour le développement économique de la région à travers la formation des jeunes dans ces nouveaux métiers. Dans ce sens, un projet a été monté et bénéficie d’un appuie financier de taille. "Notre projet intitulé ‘’Promotion des nouveaux métiers dans le cadre de l’écotourisme et des sports outdoor ‘’ est financé par l’Organisation International de Travail dans le cadre du programme PAJE, lancé par l’union Européenne en collaboration avec le gouvernement algérien.
Il consiste concrètement en l’organisation de plusieurs formations techniques dans le domaine de l’écotourisme et des loisirs ainsi que plusieurs journées d’études et d’accompagnement pour l’aide à la création d’entreprises", explique le SG du Club.

"Notre objectif est de former des guides de montagne, des exploitants d’équipement de loisirs, des guides de balade en mer ainsi que des guide de plongée en apnée et de pêche sous-marine", précise Walid Benatmane. Et à travers ce projet le Club espère orienter des jeunes vers le secteur de l’écotourisme.

"Nous espérons par la suite voir des jeunes créer leurs propres entreprises dans le domaine des loisirs ou bien qu’ils trouvent un emploi dans des entreprises semblables, puisque le secteur est porteur et peut résorber le taux de chômage qui est élevé dans notre commune ainsi que dans les communes avoisinantes."

Toutefois, l’écotourisme est une activité qui peut avoir des conséquences négatives sur l’environnement. Conscient de ce danger, Walid souligne que ces formations ont pour finalité de sensibiliser les jeunes voulant travailler dans ce type de tourisme.

"Cela passe nécessairement par des formations techniques avec l’encadrement et l’accompagnement nécessaire pour éviter l’anarchie", assure ce Secrétaire général. "L’équilibre naturel est très fragile et nous nous ne voulons surtout pas avoir un effet contraire qui mènerait vers la destruction de certains écosystèmes ajoute-t-il, et c’est pour cette raison que nous voulons encadrer les jeunes et les former pour préserver la nature et en même temps en faire leur gagne-pain."

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