Verano 93, l'enfance récupérée de Carla Simon Pipo projeté à Alger

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VERANO 93
Capture d'ecran
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"Verano 93", de son vrai titre en catalan "Estiu 93," de la réalisatrice espagnole Carla Simon Pipo, meilleur premier long métrage à la Berlinale en février 2017 et du dernier festival du cinéma espagnol de Malaga, a été présenté hier au public algérien à l'Institut Cervantès d'Alger en présence de la réalisatrice.

carla simon pipo

Frida, six ans, regarde depuis son coin les derniers objets de l'appartement de sa défunte mère, amassés dans des boîtes. Ses grands-parents et amis sont là pour lui dire adieu. Elle quitte Barcelone pour la campagne. Une nouvelle vie loin de sa ville natale s'ouvre à elle.

Entourée de la petite famille de son oncle, Frida s'acclimate doucement avec sa nouvelle vie en campagne et son nouveau statut d'orpheline.

De larges plages du silence, du retrait, de l'observation et du deuil autant de scènes qui défilent avec une fluidité quasi naturelle dans Été 93, la traduction française du titre du film.

Frida, fille unique, devenue orpheline, découvre un nouvel environnement, la campagne, la nature sauvage, le sens de l'absence de la mère, du père, la statue de vierge cachée derrière un branchage et qu'elle charge de transmettre ses messages à la défunte.

Écrites à partir de ses propres souvenirs et de son ressenti très intime, "certaines scènes sont identiques à mes souvenirs, d'autres moins. Elles trouvent essence dans mes sensations intimes ou ce que j’ai du imaginer", a expliqué Carla Simon aux spectateurs qui ont assisté à cette projection algéroise.

"Mon père est décédé quand j’étais très jeune, puis j’ai perdu ma mère quand j’avais six ans. L’été 1993 a été mon premier été dans cette nouvelle famille. Un nouveau monde. C’est ma vraie histoire", précise-t-elle encore.

varano 93

Séropositifs, ses parents ont disparu la laissant seule avec ses interrogations et son incompréhension d'enfant soudainement seule au monde.

Sans forcer le trait, Carla Simon Pipo parvient à faire ressentir la tristesse de cette situation dans laquelle la petite orpheline est ballottée comme un objet sans le moindre égard aux déchirements qui la tiraillent.

Carla Simon a pourtant admirablement fuit le mélodrame qu'une telle situation suggère. Sa pudeur dans le malheur est terriblement émouvante. Sa direction des deux fillettes tout au long des 90 min que dure le film est une vraie prouesse. Un premier long métrage, une vraie réussite.

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