Syrie: HRW critique un raid américain sur une mosquée qui a fait une cinquantaine de morts

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SYRIA
Smoke billows following a reported air strike on a rebel-held area in the southern Syrian city of Daraa, on April 16, 2017. / AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED (Photo credit should read MOHAMAD ABAZEED/AFP/Getty Images) | MOHAMAD ABAZEED via Getty Images
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L'armée américaine a échoué à prendre les "précautions nécessaires" pour empêcher la morts de civils dans une frappe sur une mosquée syrienne qui avait tué des dizaines de personnes en mars, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

Le raid aérien mené le 16 mars sur le village rebelle d'al-Jineh, dans la province d'Alep (nord), avait fait 49 morts, dont une majorité de civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les forces des Etats-Unis semblent avoir échoué à prendre les précautions nécessaires pour éviter d'avoir des victimes civiles" dans la frappe, indique dans un rapport HRW, une ONG basée à New York.

Le Pentagone avait indiqué dans un premier temps que le raid visait une réunion de chefs du réseau terroriste Al-Qaïda et démenti qu'une mosquée avait été touchée dans le raid. Il a annoncé ensuite avoir lancé une procédure "d'évaluation de la crédibilité" d'informations sur des victimes civiles.

HRW a indiqué avoir interviewé 14 personnes sur l'attaque et travaillé avec des organisations pour analyser les images de l'attaque. "Les Etats-Unis semblent avoir fait plusieurs choses complètement erronées dans cette attaque, et des dizaines de civils ont en payé le prix", a déclaré Ole Solvang, le directeur adjoint du département des urgences de l'ONG. Une des questions porte sur le fait de savoir si le bâtiment touché par la frappe était une mosquée ou pas.

HRW indique qu'une surveillance aérienne aurait pu montrer un rassemblement régulier de personne pour les prières. Même s'ils y avaient été, "frapper une mosquée juste avant la prière et ensuite attaquer des gens tentant de fuir, sans savoir si ce sont des civils ou des combattants, pourrait bien avoir été (un acte) disproportionné ou aveugle", selon l'ONG.

Les Etats-Unis dirigent une coalition internationale qui lutte contre le groupe terroriste autoproclamé "Etat islamique" (Daech/EI) en Syrie et en Irak, et frappe également occasionnellement d'autres groupes terroristes.

En mars, la coalition avait jugé "probable" qu'au moins 220 civils aient été tués "involontairement" dans ses frappes aériennes contre l'EI en Irak et en Syrie depuis 2014. Mais les organisations internationales estiment que le bilan est beaucoup plus élevé.

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