Handicap mental: Face à Hassad qui dément l'annulation de l'accompagnement des écoliers, l'UNHAM persiste

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Hassad dément l'annulation de l'accompagnement des écoliers handicapésl, l'UNHAM persiste | Youssef Boudlal / Reuters
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ÉDUCATION - Début avril, l'Union nationale des associations oeuvrant dans le domaine du handicap mental au Maroc (UNAHM) était monté au créneau pour dénoncer une décision "discriminatoire" du ministère de l'Éducation nationale.

Selon ce groupement d'ONG, qui se base sur le nouveau cahier des procédures de passage des examens de la 6e année du primaire, daté du 30 mars 2017, le département de Mohamed Hassad a suspendu les mesures d’adaptation scolaire pour les personnes en situation de handicap mental. Il met également fin au programme d’adaptation des épreuves. Malgré leur handicap, ces élèves passeront donc, dans les mêmes conditions, les mêmes épreuves que leurs camarades. Mais le ministère de l'Éducation nationale n'entend pas les chose de cette oreille.

"Des allégations"

Dans un communiqué diffusé lundi soir, le département a "démenti les allégations de l'UNAHM sur l’annulation du droit à l’accompagnement pour les personnes en situation de handicap mental, lors des examens de la 6e année du primaire". Le ministère a "nié avoir pris" une telle décision, notant toutefois que seuls "certains cas souffrant de handicap psychomoteur" sont concernés.

Aussi, "tous les candidats en situation de handicap bénéficient d’une adaptation adéquate aux conditions de l’examen et de la correction", souligne le communiqué. "Les formules d’adaptation doivent être assurées par les commissions médicales provinciales, selon le type et le degré du handicap, inclus dans le dossier médical du candidat".

Le ministère de l'Éducation assure également que les candidats "peuvent bénéficier, selon le type et le degré du handicap, soit d’un accompagnement autorisé par la délégation provinciale du ministère ou d’un prolongement de la durée de l'examen d’une demi-heure ou les deux à la fois".

S'unir pour réagir

Contactée ce mardi par le HuffPost Maroc, la présidente de l'UNAHM estime que le communiqué du ministère de l'Éducation nationale est "flou et très contradictoire".

"Le ton donné dès le début est péjoratif. Nous ne sommes pas en train de faire des allégations. Nous n'avons pas sorti ça comme ça. Nous avons travaillé sur des documents officiels. C'est la réalité: aujourd'hui, les personnes en situation de handicap ne peuvent plus bénéficier d'un accompagnement comme il se doit. Celui-ci est limité", fustige Sabah Zemamma.

"C'est juste pour fuir leurs responsabilités. Lorsqu'ils disent qu'ils n'ont pas interdit à ces enfants d'être scolarisés, ce n'est pas ce qu'on a dit. On a dit qu'on les empêchait de passer leur scolarité parce qu'ils ne leur permettaient plus de passer les examens dans des conditions qu'ils ont posées", poursuit-elle.

Selon la responsable de l'UNAHM, une réunion va se tenir ce mardi après-midi avec plusieurs collectifs et associations actives dans ce domaine pour préparer une réponse collective au département de Hassad.

Au Maroc, une famille sur quatre compte au moins une personne en situation de handicap, soit 24,5% d'entre elles. Selon une étude du ministère de la Santé, près de 2.300.000 personnes au Maroc souffriraient d'un handicap, soit 6,8% de la population totale.

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