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M'jid El Guerrab: "Emmanuel Macron viendra peut-être au Maroc en visite officielle"

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M'jid El Guerrab lors d'une rencontre avec la presse à Casablanca. | DR
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EN MARCHE - À moins d'une semaine du premier tour de l'élection présidentielle française, l'un des soutiens d'Emmanuel Macron, candidat du mouvement En marche et par ailleurs un des favoris dans la course à l'Élysée, était cette semaine de passage au Maroc. M'jid El Guerrab, ancien du Parti socialiste (PS) français, a initié une "Marche africaine" dans l'ouest du continent. Une marche partie de Casablanca, passée par Abidjan, Ouagadougou, Bamako et Dakar.

"Nous étions plusieurs Marcheurs, plusieurs militants du mouvement En marche. Nous sommes partis à la rencontre de nos concitoyens qui vivent en Afrique de l'Ouest et au Maghreb", indique M'jid El Guerrab, qui précise avoir accompagné Emmanuel Macron lors de ses déplacements en Tunisie et en Algérie, respectivement en novembre 2016 et en février dernier.

Le Franco-marocain revient dans cet entretien sur les enjeux et l'impact de cette tournée, et sur les chances d'Emmanuel Macron de rejoindre le second tour de la présidentielle française.

Huff Post Maroc: Quel bilan faites-vous de cette tournée?

M'jid El Guerrab: D'abord, c'est une vraie expérience humaine de terrain qui nous a permis de recueillir, de toucher, de sentir, d'éprouver de manière forte la puissance et la potentialité qu'il y a dans le continent africain. Et ça, nous l'avons vu physiquement, de nos yeux. Idem pour le grand défi de la pression démographique qui a cours en ce moment. Il y a des énergies, des forces et une vraie vie associative puissante, ancrée en profondeur.

Nous avons vu des institutionnels de très haut niveau. Nous avons pu voir toutes les facettes de la vie locale et surtout des potentialités africaines, qu'elle soient économiques, associatives, sociales ou culturelles. Cela a été un vrai parcours pour moi, un parcours qui me bouleverse profondément.

Après, je pense que nous sommes venus avec de vraies propositions, des propositions de fond et des pistes de travail pour les années à venir, notamment au niveau de la jeunesse. Parce que le défi de l'Afrique va être de donner un horizon et une perspective à sa jeunesse. Nous avons échangé concrètement avec des gens, et avons parlé avec des acteurs locaux économiques. Nous avons vraiment de belles pistes que nous allons essayer de rassembler dans le cadre d'un livre d'or de la Marche africaine que nous allons remettre à Emmanuel Macron.

Quels responsables politiques avez-vous rencontrés lors de cette marche?

À Abidjan, nous avons rencontré deux personnalités politiques qui à mon avis sont importantes. Ahmad Bakayoko, le ministre ivoirien de l'Intérieur, d'une part. C'est quelqu'un qui a une vraie vision de développement de l'Afrique de l'Ouest. Nous avons aussi rencontré Alpha Blondy, qui est un acteur culturel, mais qui est aussi un artiste international, le plus grand artiste africain pour moi. Il nous a aussi donné sa vision de développement de l'Afrique.

Pourquoi était-il important de le voir?

Alpha Blondy a aussi joué un rôle très politique ces dernières années où il a été médiateur des Nations unies dans plusieurs crises africaines. Il a nous a donné sa vision politique des choses, de la relation de la France avec l'Afrique, et nous avons pu échanger avec lui. La raison principale de ce déplacement était justement d'essayer d'écouter et de recueillir un maximum de regards sur la relation Afrique-France, Afrique-Europe. C'était donc légitime que nous le rencontrions. Et à titre personnel, c'est un ami.

Qui d'autre vous avez rencontré pendant la marche?

Au Burkina, nous avons rencontré le ministre des Affaires étrangères, Monsieur Alpha Barry. Nous avons aussi rencontré un acteur institutionnel local qui est le cardinal archevêque Monseigneur Paul Ouédraogo. Il nous a parlé de sa vision de la cohabitation parce qu'il y a une grande population chrétienne au Burkina. Nous avons parlé également de la laïcité.

Au Mali, nous avons fait la rencontre de l'un des personnages clés de l'institution malienne. C'est Soumeylou Boubèye Maïga, actuel secrétaire général de la présidence malienne qui a été auparavant directeur de l'information et du renseignement intérieur et extérieur malien, ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères à plusieurs reprises.

À Dakar aussi, nous avons rencontré des personnalités politiques locales, des acteurs économiques et associatives. Nous avons vu toute une palette de la vie économique, politique et culturelle locale. Nous avons surtout vu les Français qui y sont installés.

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Aujourd'hui, il y a une vraie mutation. Les Français ne viennent plus en 4x4 pour faire des safaris. Les Français résidant à l'étranger sont aujourd'hui à 80% des binationaux. Ce sont des Africains qui t se sentent intiment concernés parce qui se passe dans leur pays de résidence et peut-être même dans leur pays d'origine.

Pourquoi la visite au Maroc d'Emmanuel Macron, prévue en mars dernier puis reportée à avril, a finalement été annulée?

Il ne viendra pas au Maroc pour des raisons d'agenda. Avec les débats qui ont été programmés en France, c'est devenu trop serré en termes de préparation. Mais il a promis qu'il allait venir au Maroc très rapidement. Il viendra peut-être dans le cadre d'une visite officielle (rires).

Avez-vous prévu une tournée marocaine?

Pour le coup, ce ne sera pas une marche, mais une caravane qui se déplacera en interne. Nous allons partir dans toutes les grandes villes: Agadir, Essaouira, Casablanca, Rabat, Fès, Tanger. L'objectif est d'aller à la rencontre des Français qui vivent au Maroc pour les écouter, échanger avec eux et essayer d'avoir un maximum d'interactions pour essayer de trouver des solutions aux problèmes qu'il vivent au quotidien. Je résumerai ces problèmes en 3"S", à savoir scolarité, santé et sécurité.

À moins d'une semaine du premier tour, quelles sont selon vous les chances de réussir cette première étape?

Nous sommes très, très confiants parce qu'on pense que la France et les citoyennes et citoyens françaises vont avoir un sens de la responsabilité plus fort que la colère. Là, nous voyons que les votes de colère commencent à prendre le pas. Il y a une dynamique, mais nous appelons vraiment au sens de la responsabilité.

Nous ne sommes pas en train de jouer à un congrès, ou de voter pour se faire plaisir. On vote pour l'avenir de nos enfants, pour l'avenir de l'Europe et pour l'avenir des relations de l'Europe avec l'Afrique. Nous appelons vraiment au sens des responsabilités et à regarder quel candidat peut incarner une image positive de la France. Pour nous, il est évident que c'est Emmanuel Macron et on fait tout pour le soutenir.

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