Syrie: 112 morts dans l'attentat contre un convoi de civils évacués

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SYRIA
Buses carrying Syrians, evacuated from two besieged government-held towns of Fuaa and Kafraya, arrive at Aleppo's Ramousseh crossing as they make their way to a makeshift shelter in Jibrin on the eastern outskirts of Aleppo, on April 15, 2017, as part of a deal between the opposition and the Syrian government. / AFP PHOTO (Photo credit should read /AFP/Getty Images) | GEORGE OURFALIAN via Getty Images
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Plus de 110 Syriens évacués de villes prorégime assiégées ont été tués et des centaines blessés dans un attentat suicide à la camionnette piégée mené samedi contre leur convoi, l'une des attaques les plus meurtrières en six ans de guerre.

Le bilan de cet attentat qui n'a pas été revendiqué risque encore de s'alourdir vu l'état grave de certains blessés, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources.

L'attaque est survenue dans la localité de Rachidine (nord), où avaient été bloqués des dizaines de bus transportant des personnes évacuées de Foua et Kafraya, des localités loyalistes assiégées par les rebelles dans la province d'Idleb (nord-ouest).

"Après le décès de plusieurs blessés, le bilan de l'attentat suicide est monté à 112 morts dont 98 personnes évacuées", a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, en faisant état de centaines de blessés.

Les autres personnes tuées sont des travailleurs humanitaires locaux ou des rebelles, a-t-il précisé.

Le processus d'évacuation impliquant des milliers de Syriens de quatre localités assiégées avait été lancé vendredi en vertu d'un accord signé par le Qatar, soutien de la rébellion, et l'Iran, allié du président Bachar al-Assad.

Les villes concernées sont les rebelles Madaya et Zabadani près de Damas et les prorégime Foua et Kafraya. L'opération avait été néanmoins bloquée samedi sur la route de Rachidine (dans la province voisine d'Alep), les personnes évacuées attendant pendant des heures dans leurs bus en raison de désaccords entre parties adverses.

C'est là qu'un kamikaze a fait exploser sa camionnette piégée à côté des 75 bus transportant des civils et des rebelles évacués de Foua et Kafraya.

Quelques heures après l'attaque, les convois de personnes évacuées avaient repris la route pour rejoindre leur destination finale.

Le régime syrien a accusé les "groupes terroristes", un terme utilisé par le pouvoir pour désigner rebelles et jihadistes.

Mais l'influent groupe rebelle Ahrar al-Cham a nié toute implication des rebelles. "Nous rejetons toutes les accusations mettant en cause l'opposition pour ce crime haineux. Notre rôle était d'assurer la sécurité des civils, pas de les tuer", a assuré Ahrar al-Cham sur Twitter.

Un jeune homme blessé dans une attaque à la voiture piégée lancée contre des autobus évacuant des habitants et combattants rebelles de villes assiégées par le gouvernement syrien, le 15 avril 2017 / © AFP / George OURFALIAN
Horrifié

Le correspondant de l'AFP à Rachidine, banlieue rebelle à l'ouest d'Alep où étaient stationnés les bus, a vu de nombreux cadavres, dont ceux d'enfants, et des membres arrachés jonchant le sol, ainsi qu'un grand nombre de blessés.

Il s'agit de l'un des attentats les plus sanglants depuis le début il y a plus de six ans de la guerre en Syrie qui a fait plus de 320.000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d?urgence de l'ONU, Stephen O'Brien, s'est dit "horrifié" par cette attaque "monstrueuse et lâche". Ses auteurs "ont fait preuve d'une indifférence éhontée pour la vie humaine".

Plus de 7.000 personnes ont été évacuées vendredi et samedi des quatre localités. Quelque 5.000 personnes de Foua et Kafraya -civils et combattants- ont atteint Alep, d'où elles choisiront leur destination finale. Les 2.200 personnes évacuées de Madaya et Zabadani ont rejoint la province d'Idleb contrôlée en grande majorité par les rebelles.


Il n'était pas clair si l'opération d'évacuation qui concerne au total plusieurs milliers de personnes se poursuivrait dans l'immédiat.

Ces dernières années, et après des mois de siège, le régime a proposé des accords d'évacuation similaires que l'opposition dénonce comme des "transferts forcés" constituant "des crimes contre l'Humanité".

Déclenché par la répression dans le sang de manifestations prodémocratie, le conflit s'est complexifié au fil des ans avec l'entrée en jeu d'acteurs internationaux et de groupes jihadistes.

Ailleurs dans le pays en guerre, le groupe jihadiste Etat islamique (EI) tentait dimanche de repousser une offensive de combattants kurdes et arabes soutenus par les Etats-Unis, qui cherchent à s'emparer de Tabqa dans le nord syrien.

Tabqa est un verrou clé sur la route menant à Raqa, capitale autoproclamée de l'EI en Syrie et véritable objectif des Forces démocratiques syriennes (FDS) --alliance de combattants kurdes et arabes.

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