Législatives du 4 mai: une semaine de campagne contre l'abstention

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ALGERIA ELECTION
The campaign posters for the upcoming elections in Algiers center, in Algeria. April 12, 2017 (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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Huit jours après l'ouverture de la campagne électorale pour le scrutin Législatif du 4 mai prochain, les partis en course n'arrivent toujours pas à faire entendre leurs voix.

Cette seconde semaine de campagne électorale devrait pourtant être un thermomètre d'une fièvre partisane. L'ambiance habituelle qui donnait un caractère particulier à cette période importante se distingue par l'inaudibilité des discours politiques.

L’ambiance reste plutôt timide. Peu de partis ont pris la peine d'afficher leurs listes de candidats sur les panneaux qui leur sont réservés. Même si les candidats disposent encore de deux semaines pour séduire les 23 millions d’électeurs algériens, rien n'indique que les candidats atteindront la vitesse de croisière susceptible d'inciter les citoyens à s'intéresser à leurs programmes.

Pourtant les thèmes de campagne ne manquent pas. De la chute des prix du pétrole et la dégringolade du pouvoir d'achat à la sévère crise financière qui se précise de jour en jour en passant par les préoccupations quotidiennes des citoyens, ces sujets bne semblent pas être ceux sur lesquels les candidats se concentrent.

Un seul thème concentre les efforts des 12 000 candidats en lice pour le renouvellement des 462 sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN): comment convaincre le citoyen d'aller voter. En une semaine de campagne la seule voix audible était celle qui appelait à voter en masse. Un seul ennemi des partis engagés: l'abstention.

Les abstentionnistes, dont les rangs grandissent d'année en année, ne se sentent nullement concernés par les appels au boycott ou au vote. Ils sont hors du jeu électoral. Cette désaffection prend essence dans la dépolitisation de la société mais aussi dans ce désintérêt général de la chose politique. Pour les algériens qui s’abstiennent tous les programmes politiques proposés se valent. D'où cette tendance abstentionniste qui prévaut depuis plus d'une décennie.

Le Gouvernement fait campagne contre le boycott

Si les réseaux sociaux se sont vite saisis des slogans et affiches de la campagne pour les tourner en dérision, le Gouvernement de Abdelmalek Sellal n'a pas attendu longtemps avant d'affirmer sa volonté de lutter par "tous les moyens " en sa possession contre l’abstention, le boycott et ceux qui les prônent.

D'abord la circulaire de Hamid Grine, ministre de la communication, interdisant à la presse notamment audiovisuelle de donner la parole aux partisans du Boycott.

La circulaire N°: 036/2017, intitulée "Charte pour une couverture médiatique éthique et équitable des élections législatives du 4 Mai 2017", a été adressée à l'ensemble des médias, publics et privés. Le document comporte 10 "engagements" estimés nécessaires par le département de Grine pour une couverture " équitable, impartiale et objective" du prochain scrutin.

Le rôle des médias serait "de veiller à la sensibilisation des électeurs sur l’exercice de leur droit de vote", selon la 2e "recommandation" de la circulaire de Hamid Grine. "Ils ne doivent en aucun cas œuvrer à décrédibiliser les élections ou donner la parole à des parties qui appellent au boycott", estime le ministère de la Communication.

Législatives: Le ministre de la Communication veut interdire aux médias de parler de boycott, un "abus de pouvoir" selon des responsables de la presse

Une semaine plus trad, le premier ministre lui même renchérit. Depuis Djelfa où il effectuait une visite de travail le 10 avril dernier, Sellal a affirmé que "celui qui veut négliger son droit au vote, est libre de le faire. Mais, il ne doit pas imposer son choix aux Algériens en les poussant au doute et au désespoir". Le premier ministre a critiqué vertement les partisans du boycott. "Le vote est un devoir et un droit", a-t-il martelé en insistant sur la signification du "message de la participation". "Nous lançons un message, à partir de Djelfa, à tous les Algériens et au président Abdelaziz Bouteflika pour exprimer l’attachement à l’unité, à la souveraineté, à la stabilité et à la sécurité du pays".

A la fin de cette première semaine, le gouvernement veut, vraisemblablement, passer à un autre niveau de "lutte" contre le Boycott. Le ministre de l'intérieur a affirmé que son département allait lutter de tous les moyens contre ceux qui " déforment les messages électoraux".

M. Bedoui a menacé de poursuites judiciaires tous ceux qui "oseront toucher à la campagne" et aux "affiches électorales". Le ministre de l'Intérieur a considéré que que la dérision sur les réseaux sociaux est apparenté à "une atteinte à l'opération électorale".

Campagne contre l'abstention et menaces à peine déguisées contre les boycotteurs soulignent de toute évidence une crainte grandissante d'une désaffection électorale amplifiée par la dérision véhiculée par les réseaux sociaux.

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