Prisons: Le diagnostic alarmant de l'Observatoire

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zodebala
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VIOLENCES - Transfert forcé, violences, difficultés d'accès aux soins médicaux, privation de visite et de poursuites des études… La liste des maux dont souffrent les prisonniers est longue. Un nouveau rapport de l’Observatoire marocain des prisons (OMP), rendu public vendredi 14 avril, fait état de 221 plaintes reçues sur la période 2014-2016.

Ce chiffre est à prendre avec des pincettes. "Il ne reflète pas la réalité, puisque nous n'avons pas pu nous entretenir avec l'ensemble de la population carcérale. D'autant plus que la réglementation n’autorise pas les acteurs associatifs à s’entretenir en tête à tête avec les prisonniers", a souligné un membre de l’Observatoire lors de la présentation du rapport. D’ailleurs, le plus gros des plaintes (74%) a été déposé par les familles des détenus. Les ONG n’en n’ont collectées que 3%.

Dans le détail, 30% des doléances concernent les transferts aveugles de prisonniers loin du lieu de résidence de leurs familles. Les violences physiques et verbales infligées par le personnel pénitentiaire arrivent en 2e position avec 19%. Elles sont suivies par les difficultés d’accès aux soins et aux médicaments.

Ain Sebâa en tête des pires prisons marocaines

Aucune prison n’échappe aux critiques de l’Observatoire. Mais le cas de Ain Sebâa à Casablanca est le plus alarmant. Viennent ensuite les centres de Kénitra, Khenifra et Aït Melloul.

En face, la réactivité de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion est pointée du doigt. Elle n’a traité que 58% des correspondances de l’Observatoire. En cause, "l’absence de service au sein de l’Administration pénitentiaire, chargé notamment du traitement des plaintes des détenus". Selon le rapport, l’Administration reste surtout silencieuse sur les correspondances concernant les grèves de la faim entamées par les détenus.

Pour les responsables de l’Observatoire, la réglementation ne consacre pas cette prestation. A titre d’exemple, le décret fixant les modalités d’applications de la loi sur l’organisation et le fonctionnement des établissements pénitentiaires ne comporte aucune disposition dans ce sens.

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