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Apple travaille en secret à la création du Graal pour les diabétiques

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Apple espère pouvoir intégrer un lecteur de glycémie à son Apple Watch avec une lumière infrarouge capable de détecter le taux de glucose dans le sang, sans avoir à piquer le bout du doigt. | MTREASURE
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SANTÉ - Ce n'est plus un secret. Apple travaille au développement d'un lecteur de glycémie intégrable à son Apple Watch. La marque aurait réuni en toute discrétion une petite équipe d'ingénieurs biomédicaux, qui officie à Palo Alto en Californie, à quinze minutes des quartiers généraux de Cupertino, d'après les informations de CNBC.

L'objectif est de créer le Graal pour les diabétiques: un lecteur de glycémie non invasif, qui n'oblige pas à se piquer le bout du doigt pour prélever une goutte de sang. La méthode est la même pour tous, diabétiques de type 1, de type 2 ou gestationnel. On parle de Graal parce que, pour se traiter au mieux, il faut connaître son taux de sucre dans le sang plusieurs fois par jour, ce qui implique de nombreuses petites piqûres.

D'un coup de scanner

Certains diabétiques ont opté pour le lecteur Freestyle Libre des laboratoires Abbott, qui s'implante facilement sous la peau, pour 15 jours. En passant un scanner au-dessus, et même par-dessus manteaux et combinaisons de ski, un résultat est donné immédiatement, avec un quart d'heure d'écart par rapport au taux réel. Il facilite considérablement la vie des diabétiques. Mais il n'est pas remboursé par la Sécurité sociale, coûte 120 euros minimum par mois, et le capteur peut se décoller avant son expiration, via un faux-mouvement.

D'autres laboratoires travaillent à l'implantation de capteurs de plus longue durée pour mesurer la glycémie en continu. De son côté, Apple propose d'utiliser les rayons laser.

Par infrarouge

Une quarantaine de personnes travailleraient au développement de capteurs optiques, qui enverraient de la lumière infrarouge directement sous la peau pour mesurer le taux de glucose. Cette technologie rappelle celle mise à jour en 2014 par une équipe de chercheurs de l'université de Princeton, aux États-Unis.

Si Apple réussissait à mettre au point ce système nettement moins invasif, les experts prédisent à la marque "des centaines de millions, voire un milliard de dollars de bénéfices". Le nombre de diabétiques dans le monde ne cesse d'augmenter.

Marché immense et risques

Le dernier rapport (avril 2016) de l'Organisation mondiale de la Santé démontrait que le nombre de personnes atteintes de diabète est passé de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014. Le marché est considérable. En France, 5,1 millions de personnes en souffrent, toujours selon ce rapport.

Apple l'a bien compris, et c'est là tout le génie des ingénieurs de la Silicon Valley que de vouloir coupler les capteurs de données médicales à un appareil numérique. Apple n'est pas seule sur le créneau. L'équipe de Google Life Sciences travaille sur une lentille de contact capable de mesurer le taux de sucre dans le sang en continu, et sur un dispositif aussi fin qu'un pansement.

À noter, cette médecine-là risque d'accentuer le système à deux vitesses, puisqu'elle ne s'adressera qu'aux personnes en capacité d'acheter des dispositifs aussi onéreux que l'Apple Watch, dont les premiers prix en France démarrent à 319 euros. Elle pose aussi la question de la confidentialité des données de santé.

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