"Tsawar M3aya": Imaginer un avenir meilleur avec Plantu et des dessinateurs marocains

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PLANTU
Ibtissam Ouazzani
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CARICATURE - Jamais sans sa souris. Sur une tablette, Plantu dessine sa mascotte tenant le drapeau français dans sa petite patte, et le drapeau marocain dans l’autre, en remerciant ses fans à Rabat. Tout en s’adressant au public réuni mardi à à l’auditorium de la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, le célèbre caricaturiste français a illustré ce qu'il disait en dévoilant à l'écran des dessins traduisant trait après trait ses paroles.

Mais ce n'est pas pour parler de son talent qui lui a permis de créer 20.000 dessins de presse en 40 ans de carrière que le caricaturiste du journal Le Monde s'est rendu au Maroc. Si Plantu est présent, c'est d'abord en tant que président de l’association Cartooning for Peace, fondée avec l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour l’exposition "Tsawar M3aya" ou "Imagine avec moi", fruit d’une collaboration avec le Bureau de l’UNESCO à Rabat dans le cadre du programme NET-MED Youth, et le Centre Marocain des caricaturistes (Moroccan Cartoonists center).

expo tsawar m3aya

L’exposition, qui se tiendra jusqu’au 15 avril à l'Institut français de Rabat, met en avant les dessins de plusieurs caricaturistes marocains et arabes dont Tarik Bouidar, Mohamed Saadani, Riham El Hour, Saad Jalal, Abdelghani Dahdouh et bien d’autres encore qui, d’un coup de crayon, égayent nos journaux nationaux et apportent un regard différent sur l’actualité et les problèmes de la société marocaine.

"Je suis très fier de travailler avec tous ces Marocains puisque je suis là aussi pour construire un dialogue avec eux, m’enrichir de leur culture et apprendre de leur expérience", déclare Plantu lors de la conférence de présentation du projet.

plantu et les autres

Peut-on rire de tout?

Tsawar M3aya sera accompagnée d’ateliers de formation en caricature, organisés du 12 au 14 avril à l’Institut Français de Rabat. Le but étant d'offrir aux jeunes les outils leur permettant de s’exprimer autrement et de partager leurs préoccupations et leurs aspirations avec le public, mais également les encourager au dessin de presse, un domaine ou peu de Marocains s’aventurent. Principalement en cause? La difficulté de vivre de ce métier mais aussi la censure.

"Les lignes rouges ne sont pas les mêmes dans tous les pays et j’étais surpris de voir que des dessins que je trouvais d’une délicatesse, puissent choquer le public arabe", poursuit Plantu en expliquant qu’en France aussi, la censure existe aussi.

"La censure est quelque chose d’intrinsèque à notre métier," explique de son côté Tarik Bouidar, caricaturiste à L’Économiste, plus connu sous le nom de Rik, "Les interdits sont relatifs et on connaît ceux de notre pays. Mais avec le temps, on commence à savoir ce qui passe et ce qui ne passe pas".

"On peut rire de tout tant qu’on sait raconter la bonne blague. Ce sont les interprétations qui font peur", plaisante de son côté Nidhal Ghariani, ou Needall, un dessinateur tunisien qui contribue aussi à l’exposition Tsawar M3aya.

Les dessinateurs reconnaissent qu’au final, les premiers censeurs sont souvent eux-mêmes, et espèrent à travers ce projet changer le statu quo de leur métier au Maroc, défendre la liberté de la circulation de l’information et promouvoir les valeurs de citoyenneté.

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L'exposition Tswar M3aya
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