Relance des négociations au Sahara Occidental: le Maroc a refusé de rencontrer Ross

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CHRISTOPHER ROSS WESTERN SAHARA
UN envoy on the Western Sahara Christopher Ross meets with Mohamed cheikh biadillah (unseen), the president of the Assembly Counsilors in the Moroccan Parliament, on March 20, 2013, in Rabat. Ross met Moroccan officials at the start of a new two-week tour of the region aimed at reviving peace talks to end the decades-old conflict. AFP PHOTOS/FADEL SENNA (Photo credit should read FADEL SENNA/AFP/Getty Images) | AFP via Getty Images
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Le Maroc a opposé un niet catégorique au déplacement de l’émissaire onusien, Christopher Ross, à Rabat en vue de relancer le processus de négociations au Sahara occidental occupé, a rapporté mardi l’ONU.

"Un haut responsable du secrétariat général de l’ONU a été informé lors d’une réunion ultérieure que le Maroc n’allait plus recevoir l’envoyé personnel du SG de l’ONU en raison de sa prétendue partialité en faveur du Sahara occidental", a indiqué le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans son rapport préliminaire sur le Sahara occidental, dont une copie a été publiée mardi par la presse américaine à New York.

"Le 24 février j’ai reçu un émissaire du Maroc qui m’a transmis la volonté du Roi Mohamed VI de trouver une solution au conflit du Sahara occidental en confirmant que le Maroc n’allait plus recevoir Christopher Ross", a enchaîné le secrétaire général dans son rapport transmis lundi au Conseil de sécurité

Evoquant le blocage des négociations et le manque de coopération du Maroc qui ont conduit à la démission de l’émissaire onusien, Guterres a fait savoir que son prédécesseur, Ban Ki-moon, a évoqué en marge de la COP 22 la nécessite de relancer les négociations avec le roi Mohamed VI mais ce dernier lui a répondu qu’il ne pouvait pas recevoir Ross à Rabat avant un long périple africain qu’il devait, alors, effectuer.

Le chef de l'Organisation des Nations unies a ajouté que l’émissaire de l’ONU lui a envoyé le 23 janvier sa lettre de démission effective.

Guterres a indiqué avoir réitéré au président sahraoui, Brahim Ghali, lors de son déplacement à New York, "sa grande attention d’œuvrer à relancer les négociations avec une nouvelle dynamique et un nouvel esprit" afin de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable au conflit opposant le Front Polisario et le Maroc, mais qu’il avait besoin pour cela de l’aide des deux parties afin de créer l’environnement propice à la relance du processus onusien.

Le chef de l’ONU a regretté à ce propos le fait de ne pas mettre à profit le cadre des négociations, mis en place grâce aux deux navettes diplomatiques menées par Ross dans la région, afin de s’engager dans une solution au conflit conformément aux orientations du Conseil de sécurité.

La Mission de l'Onu pour l'organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO) et conformément au mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité contribue d’une façon importante à promouvoir un environnement stable et pacifique, nécessaire à la reprise des négociations, a souligné le SG de l’ONU en indiquant que la mission de l’ONU joue un rôle primordial en tenant le secrétariat général de l’ONU et le Conseil de sécurité informés des développements qui surviennent dans les territoires occupés.

Guterres a recommandé à cet effet de prolonger le mandant de la MINURSO d’une année jusqu’au 30 avril 2018.

Dans son rapport préliminaire sur le Sahara occidental, le premier depuis sa nomination à la tête du secrétariat général l’ONU, Guterres a affirmé que la solution au conflit doit déterminer le statut final du territoire du Sahara occidendal.

"Le conflit au Sahara occidental doit prendre fin pour permettre de faire face aux défis sécuritaires, économiques et humanitaires dans la région", a-t-il affirmé en soulignant que le Conseil de sécurité avait enjoint au secrétariat général de faciliter la tenue de négociations directes entre les deux parties qui doivent aboutir à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Le SG de l’ONU a, par ailleurs, lancé un appel à la communauté internationale et aux nouveaux donateurs pour augmenter leur contribution financière au programme des réfugiés sahraouis en indiquant que "les besoins humanitaires des sahraouis s’élèvent à 75 millions de dollars en 2017".

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