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Ce qu'ont coûté les affrontements chez les supporters du Raja à Marrakech (VIDÉOS)

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FOOTBALL - De nouveaux affrontements ont eu lieu mardi 11 avril au soir chez les supporters du Raja de Casablanca (RCA) qui ont fait le déplacement à Marrakech pour soutenir leur équipe qui affrontait le Kawkab (KACM).

La rencontre disputée pour le compte de la Botola Pro, qui s'est soldée par un match nul (0-0), a été émaillée de violentes échauffourées qui ont éclaté pendant la mi-temps, entre les deux groupes ultras du club vert.

Comme le montrent les images ci-dessous, certains supporters ont arraché des sièges du stade avant de les jeter les uns contre les autres.

Au moins 300.000 dirhams de dégâts

"Les incidents ont eu lieu à la mi-temps, lorsque les joueurs étaient encore au vestiaire. Des supporters du Raja ont commencé à arracher les sièges et à les balancer", explique au HuffPost Maroc Rachid Naifi, directeur du Grand stade de Marrakech.

Selon le responsable, près de 6.300 supporters du Raja étaient dans le stade mardi soir. "Ils sont entrés deux heures environ avant le début du match. Tout se passait bien jusqu'à la mi-temps" poursuit-il, assurant que les forces de l'ordre présentes sont rapidement intervenues pour limiter les dégâts.

Au total, 621 sièges ont été enlevés de leur place. Leur valeur est estimée à 300.000 dirhams, a fait savoir Naifi. "Nous avons fait le décompte vers 2 heures du matin. Nous avons également remis les images des caméras de surveillance, filmées depuis trois angles différents, aux autorités. Les visages des personnes impliquées ont été identifiés. Cela nous aidera aussi à comprendre ce qui s'est passé entre les supporters".

Selon le directeur du stade, 17 personnes ont d'ores et déjà été arrêtées. D'autres sanctions devraient tomber du côté de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). En attendant, les responsables du stade ont entamé le remplacement des sièges arrachés. "Le grand stade retrouvera son état normal d'ici la fin de la semaine", a conclu Rachid Naifi.

Un remake de 2016?

Ce n'est pas la première fois que des violences ont eu lieu entre les supporters du Raja de Casablanca. Il a un peu plus d'un an, en mars 2016, de violents affrontements avaient éclaté au stade Mohammed VI entre les deux groupes ultras du Raja, les Eagles et les Green Boys. Deux personnes avaient alors trouvé la mort et 72 autres avaient été blessées.

"Il ne faut plus se voiler la face et arrêter d’imputer la responsabilité aux ultras. La violence qui gravite autour des stades est liée davantage au contexte socioéconomique du pays. Ces actes révèlent une partie des maux qui rongent notre société. C’est le corps social qui produit et nourrit cette violence", estimait Abderrahim Bourkia, journaliste, sociologue, membre du Centre marocain des sciences sociales (CM2S) et chercheur associé au Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES), dans une interview accordée au HuffPost Maroc.

Selon lui, "il y a toute une réflexion sociologique qui gravite autour de la frustration comme moteur de la violence".

Après les événements du 16 mars 2016, le stade, où des travaux de rénovation avaient déjà été entamés, a été fermé jusqu'à sa réouverture le 3 avril dernier au public. En parallèle, le ministère de l'Intérieur a décidé la "dissolution" des ultras au Maroc. Une décision cependant difficile à appliquer vu que les ultras n'ont aucune existence officielle au Maroc. "Nous ne pouvons pas parler de dissolution, tout simplement parce que les ultras n’ont pas de forme juridique! Il vaut mieux parler d’interdiction d’activités, c’est plus approprié", soulignait encore le spécialiste.

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